[ETUDE] Lever les freins de la rénovation énergétique en Ile-de-France - diagnostic, trajectoires et recommandations

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Etude/thèse
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Novembre 2025
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Constat général
  • Sur l'objectif de 180.000 rénovations par an fixé par le schéma régional Climat, air, Energie (SRCAE) de 2012, dont 90.000 pour le logement privé,
    • une moyenne de 70.000 rénovations par an ont été réalisées avec MPR, majoritairement des rénovations par gestes (84%) entre 2021 et 2023 (logements privés)
    • 15.300 rénovations/an en moyenne dans le parc social
  • Des rénovations dont la qualité est difficile à évaluer
    • rappel de l'enquête TREMI: seulement 6% des rénovations ont connu une amélioration de DPE de 2 classes
    • une difficulté constatée par d'autres études 
Objectif de l'étude: 
  • identifier les gisements de rénovations les plus pertinents au sein du parc francilien
Périmètre de l'étude: 
  • les logements franciliens construits avant 1991 (RT 88 appliquée à partir de 90), soit 3,6 millions d'unités, représentant 70% du parc francilien et 77% de la consommation énergétique.
Méthodologie
  • corpus de bâtiments rénovées: Coach Copro et l'Observatoire BBC effinergie
  • entretiens avec des professionnels,notamment des accompagnateurs de la rénovation +++
Enjeux:
  • les protections patrimoniales: de différentes natures, elles impliquent des dérogations aux obligations de rénovation énergétiques.
  • l'emplacement du bâtiment sur la parcelle impacte la performance énergétique et la possibilité de recourir à l'ITE (enjeux de mitoyenneté, d'alignement, droit de surplomb, position isolée)
  • les valeurs foncières: l'étiquette DPE d'un logement influe sur la valeur du bien, même si cet élément varie selon l'emplacement du bien (notamment en cas de forte pression sur la marché, comme à Paris)

Chapitre I. Typologie des logements franciliens au regard des besoins énergétiques

Les besoins énergétiques du parc francilien varient selon les caractéristiques architecturales du bâti

L'identification par l'IPR des gisements de rénovation en Ile-de-France repose sur un classement des bâtiments par typologies de bâti, tel que réalisé par le BE ENERTER résidentiel (2017). Il rend compte des caractéristiques architecturales et énergétiques de 8 typologies de bâtiments, elles-mêmes organisées par période et taille (unité de logements en collectif, habitat individuel, surface).

8 typologies sont identifiées, 4 en collectif et 4 en habitat individuel. La 9ème catégorie (post-1991) représentée dans la tableau ci-dessous n'est indiqué qu'à titre informatif, par déduction.

©Ekopolis - Source: IPR, novembre 2025 
 
Si la rénovation des grands collectifs est bien engagée, d'autres segments du parc restent des angles morts du marché de la rénovation:

Pour l'habitat collectif:

  • Les cibles prioritaires sont les logements situés en collectif ancien (pré-48) et petit collectif récent (1948-1990) qui constituent un gisement de rénovation insuffisamment adressé au regard des consommations énergétiques que ces typologies génèrent (30% du total des consommations énergétiques du logement en Ile-de-France
  • la rénovation des Grands ensemble (Trente Glorieuse) est en bonne voie: plus accessible techniquement, façade simple, plus rentable pour les acteurs

Pour l'habitat individuel:

  • Les cibles prioritaires sont les pavillons de la reconstruction et l'individuel récent (fin des années 60 - 90) avec 17% des consommations énergétiques et respectivement 240.000 unités et 350.000 unités de logement
  • L'habitat de l'entre-deux-guerre, particulièrement complexe à rénover (difficultés d'intervention notamment), représente 8% des consommations énergétiques). 

Autres constats:

  • les catégories E, F et G atteignent rarement le niveau BBC après rénovation en copropriété
  • le parc social dispose d'un avantage pour atteindre un niveau BBC après rénovation (travaux en site non occupé, bouquets de travaux plus importants).
  • la majorité du parc social dispose d'une étiquette E, ce qui constitue un défi pour atteindre les objectifs de rénovation en 2034.
  • en maisons individuelles, plus de rénovations sont réalisées dans les grandes agglomérations que dans les zones rurales, généralement au moment de l'acquisition ou à l'occasion d'un sinistre ou besoin de changer de chaudière.
  • beaucoup de projets privilégient le changement de chauffage et négligent l'isolation des murs
  • le recours aux matériaux biosourcés reste faible (coût de 20 à 30% supérieurs), malgré ses qualités pour le bâti ancien.
  • emploi massif de la laine de roche en collectif et des matériaux synthétiques en individuel.
  • le poste ventilation est sous-estimé dans les projets
La possibilité de recourir à l'isolation par l'extérieur (ITE) et son coût varient selon les typologies et les protections patrimoniales
  • Sur le collectif ancien, les ITE sont souvent proscrits, notamment sur les façades rue, mais reste possible sur les façades sur cour
  • Sur les grands collectifs, souvent en position isolée sur la parcelle, en R+8 à R+20, l'ITE est généralement possible (façades lisses), à l'exception des bâtiments labellisés "Architectures contemporaines remarquables". 42% relève du parc HLM. Environ 150 Grands ensembles sont recensés en Ile-de France.
  • Sur le petit collectif post-48 (moins de 20 logements), la possibilité d'ITE varie.
    • ITE possible sur le petit collectif construit entre 1948 et 1970 (420.000 logements) dispose en majorité de façades sobres, peu complexes
    • ITE complexe et plus cher sur le petit collectif construit entre 1971 et 1990 (275.000 logements) en raison de la complexité des façades (décrochements)
  • Sur le moyen collectif post-48 (entre 20 et 50 logements), les façades sont plutôt sobres, l'ITE est envisageable 

L'étude de l'IPR établit deux tableaux pour clarifier le système à privilégier entre ITE et ITI par typologie architecturale (p. 105 et 106)

La décision d'engager des travaux de rénovation est influencée par les environnements urbain et réglementaire
  • Les protections patrimoniales

    Des dérogations aux obligations de rénovation (en ITE) pour des raisons patrimoniales sont posées par la loi Climat et résilience. 

    l'accompagnement des tissus urbains individuels situés en SPR ou PDA constitue un défi .

Chapitre II. Dynamiques de la rénovation énergétique des logements observés en Ile-de-France

NB: Le suivi des rénovations est basé sur l'observation des dispositifs MaPrimeRénov pour l'habitat privé, et EcoPLS pour le logement social de 2021 à 2023 

  • la rénovation de l'habitat privé distingue trois chiffres (210.000 logements, soit 70.000 en moyenne par an):
    • la rénovation dite d'ampleur, ou parcours accompagné, qui finance des unités de logements (MI ou appartements en collectifs) => 3% des logements
    • la rénovation par gestes => 84% des logements ont bénéficié de MPR gestes accordées
    • la rénovation de collectifs: MPR Copropriété (attribuée à l'échelle du bâtiment) => 13% des logements comptabilisés
La typologie des logements rénovés et la mobilisation des aides diffèrent selon les départements (effet de parc)
  • en Seine Saint-Denis et Val de Marne
    • Plus de rénovation du parc social, qui domine dans ces départements
    • moins de rénovations via MPR: les ménages sont plus modestes
    • mobilisation d'autres dispositifs publics : lutte contre l'habitat indigne, marchands de sommeil, traitement des copropriétés dégradés
  • Départements Grande Couronne
    • 75% des aides totales de MPR Sérénité (aujourd'hui MPR Rénovation d'ampleur)

La majorité des rénovations (habitat privé collectif) concerne des bâtiments des 30 Glorieuses. Seulement 14% des logements rénovés ont un DPE F ou G. Dans l'habitat social, les bailleurs ont investi dans la rénovation des bâtiments en F et G. La rénovation des bâtiments en étiquette E à l'horizon 2034 représente un défi compte tenu de l'ampleur du parc.

Chapitre III. Quelles perspectives pour l'action territoriale en faveur de la rénovation énergétique des logements ?

 

 

Pour aller plus loin