Dimensionnement des pompes à chaleur : comment choisir la bonne puissance en hiver comme en période de canicule ?

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Pompe à chaleur

Le dimensionnement d’une pompe à chaleur (PAC) est une étape essentielle pour garantir le confort thermique d’un bâtiment, maîtriser les consommations énergétiques et limiter les coûts d’exploitation. Pour être performante, l’installation doit être adaptée aux besoins réels du bâtiment, en hiver comme en été.

Dans un contexte où l’électrification des usages s’accélère, la pompe à chaleur occupe une place croissante dans les stratégies de décarbonation du bâtiment. Les établissements de santé, les écoles, les autres bâtiments tertiaires et les sites industriels sont notamment concernés par le remplacement progressif des systèmes de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. Mais le choix d’une PAC ne se résume pas au remplacement d’un équipement par un autre : il nécessite de prendre en compte les caractéristiques du bâtiment, ses usages et les contraintes d’exploitation.

L’isolation, les déperditions thermiques, le renouvellement d’air, les émetteurs de chaleur et les conditions climatiques locales influencent directement le dimensionnement. Les besoins de refroidissement doivent également être étudiés, notamment face à la multiplication des épisodes de chaleur.

L’enjeu est donc de trouver le bon équilibre entre puissance de chauffage et puissance de refroidissement, tout en évitant le surdimensionnement et les pertes de performance. Un dimensionnement adapté constitue une condition importante pour réussir l’électrification des systèmes thermiques et assurer leur fonctionnement dans la durée.

Une pompe à chaleur (PAC) récupère la chaleur présente dans l’air extérieur, le sol ou l’eau souterraine pour chauffer un bâtiment. Lorsqu’elle est réversible, elle peut aussi rafraîchir les locaux en évacuant la chaleur vers l’extérieur.

Le dimensionnement consiste à déterminer la puissance nécessaire pour répondre aux besoins du bâtiment, puis à choisir une PAC adaptée à son fonctionnement.

Pour cela, trois éléments sont à prendre en compte :

  • Les besoins du bâtiment : son isolation, ses déperditions thermiques en hiver, les apports de chaleur en été, le renouvellement d’air et son occupation.

  • Les performances de la PAC : la puissance disponible selon les températures extérieures et les conditions de fonctionnement.

  • Le système de chauffage ou de refroidissement : radiateurs, plancher chauffant, ventilo-convecteurs ou unités intérieures, ainsi que la régulation associée.

Il faut également distinguer les besoins de chauffage de ceux de refroidissement, car ils ne se calculent pas de la même manière. Une PAC adaptée pour chauffer un bâtiment en hiver n’est donc pas forcément suffisante pour le rafraîchir efficacement en période de forte chaleur.

 

En hiver, un bâtiment perd de la chaleur par les murs, la toiture, les fenêtres, les planchers, mais aussi par le renouvellement de l’air et les infiltrations. Le système de chauffage doit compenser ces pertes pour maintenir une température intérieure confortable.

La puissance nécessaire dépend de plusieurs facteurs : la surface du bâtiment, la qualité de son isolation, l’étanchéité à l’air, la ventilation, la température souhaitée à l’intérieur et les conditions climatiques locales.

Les déperditions par les parois

Plus une paroi est mal isolée, plus elle laisse passer la chaleur vers l’extérieur. Les pertes dépendent de sa surface, de son niveau d’isolation et de l’écart entre les températures intérieure et extérieure.

Une isolation performante permet donc de réduire les déperditions et la puissance de chauffage nécessaire. Il faut également prendre en compte les ponts thermiques, les fenêtres et les échanges avec les locaux non chauffés.

Une relation simplifiée permet d’estimer les pertes à travers une paroi :

Φ = U × A × ΔT

Avec :

  • Φ : puissance thermique perdue, en watts (W) ;
  • U : coefficient de transmission thermique de la paroi, en W/(m²·K) ;
  • A : surface de la paroi, en m² ;
  • ΔT : différence de température entre l’intérieur et l’extérieur, en kelvins (K).

Plus le coefficient U est faible, plus la paroi est isolante. Une isolation performante réduit donc les déperditions et la puissance de chauffage nécessaire.

Le calcul complet doit également tenir compte des ponts thermiques, des échanges avec les locaux non chauffés et des conditions particulières de chaque paroi.

Les pertes liées à la ventilation et aux infiltrations

Le renouvellement de l’air est indispensable pour garantir une bonne qualité de l’air intérieur. En hiver, l’air extérieur qui entre dans le bâtiment doit cependant être réchauffé, ce qui augmente les besoins de chauffage.

Une ventilation double flux équipée d’un système de récupération de chaleur peut limiter ces pertes. Il reste important de vérifier les débits d’air, les réglages et l’étanchéité du bâtiment pour évaluer les besoins réels.

Une approximation couramment utilisée pour évaluer la puissance nécessaire au réchauffement de l’air est :

Φair ≈ 0,34 × qv × ΔT

Avec :

  • Φair : puissance thermique associée au renouvellement d’air, en watts ;
  • qv : débit d’air, en m³/h ;
  • ΔT : écart entre la température intérieure et la température de l’air entrant, en kelvins.

Cette relation est simplifiée. Le calcul doit notamment intégrer le type de ventilation, les débits réels, l’étanchéité à l’air et, lorsqu’il existe, le rendement de récupération de chaleur de la ventilation mécanique contrôlée (VMC).

Une ventilation double flux correctement conçue peut réduire les pertes de chaleur liées au renouvellement d’air. Elle ne dispense toutefois pas de vérifier les débits, les réglages et les conditions réelles de fonctionnement.

Tenir compte du climat et du système de chauffage

Le dimensionnement ne doit pas se baser sur la température hivernale moyenne, mais sur une température extérieure de calcul adaptée à la localisation du bâtiment. La commune, l’altitude et les conditions climatiques locales influencent directement les besoins de chauffage.

Il faut aussi tenir compte des équipements qui diffusent la chaleur dans les locaux : radiateurs, plancher chauffant ou ventilo-convecteurs. Par exemple, une PAC alimentant des radiateurs qui nécessitent une eau très chaude ne fonctionnera pas dans les mêmes conditions qu’une PAC raccordée à un plancher chauffant basse température.

L’objectif est de calculer au plus juste les déperditions thermiques, idéalement pièce par pièce, afin de choisir une pompe à chaleur capable de couvrir les besoins du bâtiment dans les conditions hivernales de référence. La norme EN 12831 constitue une référence pour réaliser ce calcul.

Quels ordres de grandeur pour la puissance de chauffage ?

La puissance de chauffage est parfois estimée à partir de la surface du bâtiment. Cela donne une première indication, mais ne suffit pas pour choisir une PAC adaptée : deux bâtiments de même surface peuvent avoir des besoins très différents selon leur isolation, leur ventilation et leur localisation. 

Type de bâtimentRepère indicatif de déperditions
Maison ancienne peu isolée100 à 150 W/m²
Bâtiment avec une isolation intermédiaire60 à 80 W/m²
Bâtiment récent performant ou BBC30 à 50 W/m²
Maison passiveBesoins généralement très faibles

Ces valeurs sont des repères pédagogiques, et non des références universelles. Elles doivent être utilisées avec prudence et ne remplacent pas une étude thermique.

Exemple : pour une maison de 100 m² avec un besoin estimé à 70 W/m², la puissance de chauffage serait de l’ordre de 7 kW dans les conditions retenues. Ce résultat reste à vérifier en fonction du climat, des déperditions réelles et des performances de la PAC.

Enfin, si des travaux d’isolation sont prévus, le dimensionnement doit tenir compte de l'état du bâtiment après rénovation. Cela permet d'éviter de choisir une PAC trop puissante par rapport aux besoins futurs.

Pourquoi une PAC trop puissante peut-elle être une erreur ?

Choisir une pompe à chaleur plus puissante que nécessaire peut sembler rassurant, notamment pour faire face aux périodes de grand froid ou de forte chaleur. Pourtant, un appareil surdimensionné n’est pas forcément plus performant.

Lorsque la PAC fournit plus de puissance que le bâtiment n’en demande, elle peut multiplier les démarrages et les arrêts. Ces cycles répétés peuvent réduire son efficacité, compliquer la régulation et entraîner une consommation électrique plus élevée que nécessaire. En été, une PAC trop puissante peut aussi rafraîchir rapidement une pièce sans laisser suffisamment de temps à certains systèmes pour déshumidifier correctement l’air. Aussi, il faut prévoir un prix d'achat plus élevé. 

Les modèles inverter adaptent leur puissance aux besoins, mais ils ont eux aussi une limite minimale de fonctionnement. Si les besoins du bâtiment sont inférieurs à cette limite, des arrêts et redémarrages peuvent toujours se produire.

À l’inverse, une PAC sous-dimensionnée risque de ne pas fournir suffisamment de chaleur ou de froid lors des périodes les plus exigeantes, et de nécessiter davantage le recours à un système d’appoint.

L’objectif est donc de choisir une PAC dont la puissance correspond aux besoins réels du bâtiment, en vérifiant ses performances dans les conditions climatiques de calcul, sa capacité à moduler sa puissance et l’éventuel besoin d’un appoint.

Choisir une pompe à chaleur adaptée au bâtiment

Toutes les pompes à chaleur ne fonctionnent pas de la même manière. Le choix de la technologie dépend des besoins du bâtiment, des équipements de chauffage existants, des conditions climatiques et de la place disponible pour installer les équipements.

La PAC air-eau récupère la chaleur de l’air extérieur pour chauffer l’eau d’un circuit de chauffage. Elle peut alimenter des radiateurs, un plancher chauffant ou des ventilo-convecteurs. Son dimensionnement doit tenir compte de la température extérieure et de la température d’eau nécessaire. Une attention particulière est nécessaire dans les bâtiments équipés de radiateurs anciens qui demandent une eau très chaude, car les performances de la PAC peuvent alors être réduites.

La PAC air-air chauffe directement l’air intérieur et, lorsqu’elle est réversible, permet également de rafraîchir les locaux. Le choix de sa puissance et de l’emplacement des unités intérieures est essentiel pour assurer une bonne répartition de la chaleur ou du froid. Il faut aussi prendre en compte le bruit, la circulation de l’air et le confort des occupants.

Les PAC géothermiques et eau-eau utilisent la chaleur du sol ou de l’eau souterraine. Elles bénéficient d'une source de chaleur dont la température peut être plus stable que celle de l’air extérieur. En contrepartie, leur installation nécessite d’étudier les possibilités de captage, les caractéristiques du terrain et, selon les projets, les ressources en eau disponibles. Le dimensionnement doit donc porter à la fois sur la PAC et sur le système de captage.

Enfin, une PAC hybride associe une pompe à chaleur à un autre générateur, comme une chaudière. Cette solution peut être intéressante lorsque la PAC ne couvre pas seule l’ensemble des besoins dans certaines conditions, ou lorsque les caractéristiques du bâtiment rendent cette association pertinente. Le choix du mode de fonctionnement et des conditions de recours à la chaudière doit être étudié en fonction des besoins, des performances et des coûts d’exploitation.

Dans tous les cas, le choix de la technologie doit partir des caractéristiques du bâtiment et de ses usages. Il ne s’agit pas seulement de sélectionner une puissance, mais de vérifier que la PAC pourra fonctionner efficacement avec les équipements existants et répondre aux besoins tout au long de l’année.

Pourquoi le besoin de froid doit-il être calculé séparément ?

En été, le bâtiment reçoit de la chaleur du soleil, des équipements et des occupants. Le système de refroidissement doit évacuer ces apports pour maintenir une température intérieure confortable.

Le besoin de froid dépend notamment de la surface et de l’orientation des vitrages, des protections solaires, de l’isolation, de l’inertie du bâtiment, de l’occupation des locaux, des équipements et de la ventilation. L’humidité de l’air et les températures extérieures en période de canicule doivent également être prises en compte.

Le chauffage et le refroidissement répondent à des besoins différents. Le chauffage compense principalement les pertes de chaleur en hiver, tandis que le refroidissement doit évacuer les apports thermiques en été. La puissance frigorifique doit donc être calculée spécifiquement pour le bâtiment, idéalement pièce par pièce.

Comprendre les apports solaires

Les vitrages peuvent être une source importante de chaleur en été. Une grande baie vitrée exposée au soleil de fin d’après-midi, par exemple, peut fortement réchauffer une pièce.

Les protections solaires, comme les volets, les stores extérieurs et les brise-soleil, limitent ces apports. Elles sont généralement plus efficaces lorsqu’elles arrêtent le rayonnement solaire avant qu’il n’entre dans le bâtiment.

Leur choix doit aussi tenir compte de la lumière naturelle, des apports solaires utiles en hiver et de l’architecture du bâtiment.

Inertie thermique et accumulation de chaleur

L’inertie thermique désigne la capacité des matériaux à stocker la chaleur puis à la restituer progressivement. Elle peut ralentir l’augmentation de la température intérieure, mais ne suffit pas à garantir le confort d’été si la chaleur accumulée n’est pas évacuée.

Lorsque l’air extérieur est plus frais la nuit, la ventilation nocturne peut aider à refroidir le bâtiment, si les conditions de qualité de l’air, de sécurité et de bruit le permettent.

L’isolation de la toiture, les protections solaires, la limitation des apports internes et la gestion des ouvertures complètent cette stratégie.

Les épisodes de canicule changent-ils le dimensionnement ?

Oui. Le système doit être dimensionné en fonction des conditions chaudes adaptées au climat local et à l’usage du bâtiment, et pas uniquement d’une température estivale moyenne.

Pendant une canicule, les besoins de refroidissement augmentent et certains équipements peuvent perdre en puissance lorsque la température extérieure s’élève. Il faut donc vérifier les performances, la consommation électrique et les limites de fonctionnement indiquées par le fabricant dans les conditions retenues pour le projet.

La puissance de chauffage ne permet pas de déduire directement la puissance de refroidissement. Une pompe à chaleur réversible doit être évaluée séparément dans chacun de ses deux modes de fonctionnement.

Pour dimensionner la puissance de refroidissement d’une PAC, la formule simplifiée est :

Puissance frigorifique (kW) = Volume bâtiment (m³) × Coefficient refroidissement (W/m³/°C) × Écart de température (°C) ÷ 1 000

Avec :

  • Volume du bâtiment : longueur × largeur × hauteur.

  • Coefficient de refroidissement : valeur estimée selon l’isolation et le type de bâtiment.

  • Écart de température : différence entre la température extérieure et la température intérieure souhaitée.

Attention : cette formule donne une estimation simplifiée. Pour un dimensionnement fiable, il faut réaliser un bilan thermique prenant en compte l’isolation, les vitrages, l’ensoleillement, les occupants, la ventilation et les apports internes.

 

Les leviers pour limiter la surchauffe avant d’augmenter la puissance de climatisation

Le confort d’été ne dépend pas uniquement de la puissance de climatisation installée. Plusieurs mesures permettent de réduire les besoins de refroidissement.

  • Empêcher la chaleur d’entrer : installer des protections solaires extérieures, gérer les occultations et limiter les apports de chaleur évitables.

  • Limiter l’accumulation de chaleur : isoler la toiture, prendre en compte l’inertie thermique et favoriser la ventilation nocturne lorsque les conditions le permettent.

  • Améliorer la sensation de confort : utiliser des brasseurs d’air pour augmenter la vitesse de l’air au contact du corps. Ils améliorent la sensation de fraîcheur, mais ne diminuent pas à eux seuls la température de la pièce.

  • Dimensionner le refroidissement actif : si ces mesures ne suffisent pas, calculer les besoins frigorifiques et choisir un équipement adapté aux conditions estivales du site.

Cette approche permet de réduire les consommations électriques et de mieux préparer le bâtiment aux fortes chaleurs.

Humidité, déshumidification et rafraîchissement par eau

Le confort thermique dépend aussi de l’humidité de l’air. En mode refroidissement, une partie de la puissance sert à abaisser la température de l’air et une autre peut servir à retirer de l’humidité par condensation. On distingue ainsi la charge sensible, liée à la température, et la charge latente, liée notamment à l’humidité.

Un équipement doit donc être choisi en fonction des deux besoins. Une puissance nominale suffisante ne garantit pas, à elle seule, un bon confort si l’humidité est mal maîtrisée.

Le rafraîchissement par eau, par exemple avec un plancher rafraîchissant, peut améliorer le confort, mais sa capacité de refroidissement reste limitée. Il faut également éviter la condensation : si la température du plancher devient trop basse par rapport à l’humidité de l’air, de l’eau peut apparaître à sa surface.

La régulation doit donc tenir compte de l’humidité et du point de rosée, c’est-à-dire la température à partir de laquelle la vapeur d’eau se condense. Elle doit adapter la température de l’eau pour éviter ce phénomène.

Un plancher rafraîchissant ne remplace pas systématiquement une climatisation. Sa capacité à évacuer la chaleur est limitée et, contrairement à certains systèmes à air, il ne permet généralement pas de déshumidifier directement l’air intérieur.

Pour une PAC géothermique ou une PAC eau-eau, il ne suffit pas de calculer la puissance nécessaire pour chauffer ou refroidir le bâtiment. Il faut aussi vérifier que le sol ou l’eau disponible peut fournir ou absorber suffisamment de chaleur sur le long terme.

Captage horizontal et sondes géothermiques verticales

Le dimensionnement du captage dépend de plusieurs éléments :

  • La nature du sol et sa capacité à transmettre la chaleur.

  • L’humidité du terrain.

  • La profondeur et la longueur des capteurs ou des sondes.

  • L’espacement entre les sondes.

  • Les besoins en chauffage et en refroidissement du bâtiment.

  • Le nombre d’heures de fonctionnement de la PAC.

  • L’équilibre entre la chaleur prélevée et la chaleur restituée au sol chaque année.

Pourquoi est-ce important ? Si le captage est trop petit, le sol peut progressivement se refroidir ou se réchauffer excessivement. Cela peut diminuer les performances de la PAC et augmenter sa consommation électrique.

Le dimensionnement doit donc être réalisé à partir du bilan thermique du bâtiment et des caractéristiques réelles du terrain.

Captage sur nappe phréatique

Une PAC eau-eau utilise l’énergie thermique de l’eau souterraine. Avant de choisir cette solution, il faut vérifier que la nappe peut fournir le débit nécessaire sans compromettre durablement la ressource.

L’étude doit notamment examiner :

  • Le débit d’eau disponible.

  • La température de l’eau.

  • La qualité de l’eau et les risques de colmatage.

  • Les caractéristiques de la nappe phréatique.

  • Les conditions de rejet ou de réinjection de l’eau.

  • Les éventuels impacts sur les captages et les usages voisins.

  • Les autorisations réglementaires nécessaires.

Pourquoi est-ce important ? Une nappe peut être présente sans fournir un débit suffisant pour alimenter la PAC. Une étude hydrogéologique permet de vérifier la faisabilité technique et environnementale du projet.

Calculer le débit d’eau nécessaire

Pour une PAC eau-eau, on peut estimer le débit d’eau nécessaire à partir de la puissance thermique à transférer et de la différence de température de l’eau entre l’entrée et la sortie.

Formule simplifiée :

Débit d’eau (m³/h) = Puissance thermique (kW) ÷ [1,163 × différence de température de l’eau (°C)]

Avec :

  • Débit d’eau : volume d’eau nécessaire par heure, en m³/h.

  • Puissance thermique : puissance échangée avec l’eau, en kW.

  • Différence de température : écart entre la température d’entrée et celle de sortie, en °C.

  • 1,163 : coefficient lié aux propriétés thermiques de l’eau.

Exemple concret :

Pour transférer une puissance thermique de 10 kW avec une différence de température de 3 °C :

Débit = 10 ÷ (1,163 × 3)

Débit ≈ 2,9 m³/h

Il faut donc environ 2,9 m³ d’eau par heure pour transférer 10 kW avec cet écart de température.

Attention : ce calcul est une estimation hydraulique. Il ne garantit pas que la nappe dispose de ce débit ni que le captage est viable.

Il faut également vérifier les pertes de charge, la consommation électrique des pompes, les températures admissibles, la qualité de l’eau et les conditions de rejet ou de réinjection.

Le dimensionnement d’une PAC géothermique ou eau-eau repose sur deux études complémentaires :

  • Le bilan thermique du bâtiment, pour déterminer la puissance nécessaire en chauffage et en refroidissement.

  • L’étude de la ressource, pour vérifier la capacité du sol ou de la nappe à fournir les échanges thermiques demandés sur le long terme.

L’objectif est de garantir une installation performante, durable et adaptée aux caractéristiques du site, tout en limitant les consommations électriques et les impacts sur la ressource naturelle.

Pour choisir une pompe à chaleur (PAC), il ne suffit pas de regarder sa puissance. Il faut aussi vérifier son efficacité, sa capacité à chauffer ou à refroidir le bâtiment et son fonctionnement dans les conditions climatiques réelles.

Les principaux indicateurs à connaître
  • Puissance calorifique (kW) : quantité de chaleur fournie par la PAC en mode chauffage.
  • Puissance frigorifique (kW) : quantité de chaleur extraite du bâtiment en mode refroidissement.
  • COP : efficacité en chauffage. Plus il est élevé, plus la PAC produit de chaleur par rapport à l’électricité consommée, dans les conditions mesurées.
  • EER : efficacité en refroidissement, selon le même principe.
  • SCOP et SEER : performances moyennes saisonnières, respectivement en chauffage et en refroidissement.
  • Plage de modulation : intervalle de puissance dans lequel la PAC peut fonctionner. Une puissance minimale suffisamment basse limite les arrêts et redémarrages fréquents.

Attention : ces indicateurs dépendent des conditions de fonctionnement. Un bon COP ne garantit pas, à lui seul, une faible consommation annuelle. Il faut vérifier les performances du fabricant aux températures prévues pour le projet. Les vérifications à effectuer avant de valider le projet

Pour sécuriser le dimensionnement, il faut demander au bureau d’études ou à l’installateur les éléments suivants :

  • Bilan thermique : déperditions pièce par pièce, isolation, vitrages, ventilation et températures de référence.
  • Bilan de refroidissement : apports solaires, occupation, équipements, humidité et besoins de déshumidification.
  • Performances de la PAC : puissances disponibles en chauffage et en refroidissement, COP, EER et courbes du fabricant.
  • Compatibilité des équipements : radiateurs, plancher chauffant, unités intérieures, débits d’eau et régulation.
  • Conditions d’installation : niveau sonore, emplacement, évacuation des condensats et facilité d’entretien.
  • Besoins complémentaires : chauffage d’appoint éventuel, consommation des pompes et fonctionnement lors des périodes de grand froid ou de forte chaleur.

Pour une PAC géothermique ou eau-eau, il faut également vérifier la capacité du sol ou de la nappe à assurer les échanges thermiques, ainsi que les débits disponibles et les contraintes réglementaires.

À retenir : le bon dimensionnement repose sur trois éléments complémentaires : les besoins réels du bâtiment, les performances de la PAC dans les conditions prévues et la capacité de la source d’énergie à répondre durablement à ces besoins.

Les erreurs à éviter
Les principales erreurs de dimensionnement peuvent être résumées ainsi :
  • choisir une puissance uniquement à partir de la surface du bâtiment ;
  • utiliser les besoins de chauffage pour déduire la puissance de refroidissement ;
  • sélectionner une PAC à partir de sa seule puissance nominale, sans vérifier les conditions de fonctionnement ;
  • négliger la température d’eau demandée par les émetteurs ;
  • ignorer la puissance minimale de l’appareil et le risque de cycles courts ;
  • sous-estimer les apports solaires et l’humidité en période de canicule ;
  • augmenter la puissance de climatisation sans étudier les protections solaires et les autres leviers passifs ;
  • dimensionner un captage géothermique sans caractériser le sol ou la ressource en eau ;
  • appliquer une marge de sécurité arbitraire sans justifier les hypothèses et les incertitudes.

La qualité du dimensionnement dépend de la cohérence entre les besoins calculés, les performances de l’équipement, la distribution thermique et les conditions réelles d’utilisation.

Pour les bâtiments neufs concernés, la réglementation environnementale RE2020 intègre une évaluation du confort d’été, notamment au moyen de l’indicateur des degrés-heures d’inconfort, noté DH.

Cet indicateur prend en compte la durée et l’intensité de l’inconfort thermique dans le bâtiment, selon les conditions et les hypothèses conventionnelles prévues par la méthode réglementaire. Le scénario de calcul intègre une séquence caniculaire.

Le DH ne correspond pas à une puissance de climatisation. Il permet d’évaluer le niveau d’inconfort estival et de comparer la contribution de différentes solutions de conception.

Les protections solaires, l’inertie thermique, la ventilation, l’isolation et les choix architecturaux contribuent à la maîtrise du confort d’été. Le recours au refroidissement actif doit être étudié en cohérence avec les caractéristiques du bâtiment et les objectifs de confort.

La référence à connaître est la NF EN 12831, consacrée au calcul des déperditions thermiques des bâtiments.

Pour aller plus loin, consulter les ressources du Cerema sur la RE2020 et le confort d’été, ainsi que les informations relatives aux protections solaires des baies. Les textes réglementaires applicables sont à vérifier sur Légifrance.

Pour faciliter le dimensionnement des pompes à chaleur (PAC), plusieurs outils permettent d’estimer les besoins énergétiques d’un bâtiment et de vérifier la puissance nécessaire.

 PF2E permet de réaliser un pré-dimensionnement et de générer une note de calcul à partir des caractéristiques du bâtiment.

 Cegibat / GRDF propose un outil d’estimation des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire, particulièrement adapté aux bâtiments tertiaires. 

Enfin, Ma Pompe à Chaleur aide à comprendre les méthodes de calcul et à obtenir une première estimation de puissance. Ces outils sont complémentaires, mais leurs résultats doivent être vérifiés par un professionnel au regard des normes et exigences réglementaires applicables au projet.