TOHU BOHU

Nos projets sont modelés par les lieux, leurs climats, leurs ressources. Ils façonnent la terre du sol, la pierre des carrières, le bois des forêts, les récoltes des champs. Ils glanent le soleil et le vent, se faufilent dans le cycle naturel de l'eau. De la métropole bouillonnante au bourg impassible, ils reflètent la vitalité foisonnante des milieux habités.

État des lieux

Quelques décennies d’un aménagement productiviste dopé aux énergies fossiles ont aseptisé les terroirs, standardisé les mœurs, étouffé les savoir faire. L'hégémonie de la voiture individuelle a atrophié les espaces publics et balafré les territoires.  Cet héritage des Trente Glorieuses n'est pas seulement une impasse écologique. C’est aussi une faillite culturelle : les organes vitaux de nos territoires sont relégués loin des regards, asservis à un réseau logistique goinfré de pétrole, tandis que la monoculture du béton fabrique une architecture mondialisée, privée du lien fertile aux ressources naturelles de son milieu.

Cure de désintox

Le béton de ciment Portland est un matériau génial : il s'emploie en infrastructure comme en superstructure, coute peu à produire et à mettre en œuvre, et supporte (presque) tous les caprices formels des archi-sculpteurs en mal de sensationnel. L'hégémonie de cette potion magique n'a donc rien de surprenant. Le béton représente à lui seul plus de 85% des ressources utilisées pour la construction neuve en France. 37.000 tonnes de matière non renouvelable, dont 32.000 tonnes de sable et granulats. A l’échelle mondiale, la production de ciment représente 7% des émissions de GES. Les alternatives se sont taries, boudées par les constructeurs et bannies par le cadre réglementaire des techniques dites courantes.

En construction comme en réhabilitation, nous explorons les alternatives locales au béton et à la pétrochimie. Le frêne de la forêt communale, la terre d’excavation, la paille du champ voisin, les gravas d’enrobé d’une ancienne place devenue jardin… nos projets revisitent les savoir-faire traditionnels et défrichent de nouvelles techniques constructives pour valoriser les filières qui régénèrent les territoires.

Désunifier et réunir

Les DTU sont des machines à aseptiser. Ils sanctifient quelques techniques constructives standardisées, et condamnent toutes les autres à la marginalité, hors du champ des assurances. Atex, appréciations en laboratoire… construire autrement devient plus couteux, plus risqué, et plus long. Le réemploi plutôt que le neuf, le bois feuillu local plutôt que le pin de Sibérie, la paille du champ voisin plutôt que la laine minérale…  Ces choix de bon sens sont des combats quotidiens contre la facilité bien rodée du « comme d’habitude ». Nous accompagnons les maîtres d’ouvrage pour anticiper les contraintes financières, calendaires et réglementaires, encadrer judicieusement la mission du bureau de contrôle technique, organiser les essais en laboratoire, identifier les entreprises compétentes, contribuer à fédérer les filières émergentes et faire avancer l’état de l’art.

La souris, le crayon et le marteau

A toujours concevoir de la même manière, on finit toujours par concevoir la même chose. Les projets sont conditionnés par nos méthodes et nos outils. La précision désincarnée de l'informatique entraine inlassablement le projet vers le déjà connu et déjà maîtrisé. L’IA enfonce le clou en n’inventant que ce qui existe déjà. Pour sortir de ce laboratoire inexpérimental, nous délaissons régulièrement les écrans pour fabriquer à l’échelle 1. Prototypes, installations évènementielles, aménagements paysagers, chantiers participatifs… L'outil, le geste et la matière cultivent nos imaginaires et nourrissent de nouveaux possibles.

Adresse

27 rue Danton
93100 Montreuil
France

Email
mail@tohubohu.archi
Téléphone
09 72 15 29 44