[RAPPORT] Paris à 50°C - Mission d'information et d'évaluation du conseil de Paris

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Paris à 50°C
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Rapport
Année d'édition
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2023
Auteurs
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Paris à 50 °C est-ce possible ?

En arrivant à la ville de Paris en tant qu'élu en 2020, Alexandre Florentin constate que la ville se prépare surtout à un retour de la canicule de 2003. Or les projections climatiques montrent que les canicules seront à l'avenir plus longues, plus chaudes, plus fréquentes, plus étendues géographiquement et se produiront plus tôt et plus tard à l'échelle d'une année calendaire. Les projections climatiques montrent aussi que des températures à 50-55 °C sont possible dans la seconde moitié du XXIe siècle. 

Dans une logique d’anticipation, la mission Paris à 50 degrés a cherché à préparer la Ville de Paris à des changements majeurs dans la durée, la fréquence, l’intensité et le positionnement des canicules dans l’année. Par-delà l’adaptation pensée comme une réponse technique à des enjeux limités dans le temps et dans la durée, l’ambition est de proposer une vision partagée des transformations de la Ville face au changement climatique.

Un risque climatique est défini par un aléa (par exemple la chaleur), une exposition (le territoire étudié) et une capacité d'adaptation. La mission s'est surtout concentrée sur la capacité d'adaptation de Paris, car les aléas et les expositions sont déjà bien documentés. Il s'agit donc d'un travail sociologique avec des enquêtes de terrain.

La mission, installée le 6 octobre 2022, a porté à sa présidence Alexandre FLORENTIN (groupe Les Écologistes). Sa rapporteure est Maud LELIEVRE (groupe MoDem, démocrates et écologistes). La mission est composée de conseillers de Paris appartenant à tous les groupes politiques élus à la représentation proportionnelle.

 

Préconisations de la mission

Des écoles oasis, protectrices pour les enfants :

  • désimperméabilisation et végétalisation des cours ;
  • créer des zones ombragées ;
  • amplifier les rénovation et réhabilitation des écoles en intégrant des dispositifs de rafraîchissement passif.

Des rues aux écoles au "Paris-Jardin"

  • désimperméabilisation et végétalisation de l'espace public ;
  • végétalisation des façades ;
  • installation d'ombrières amovibles ;
  • circulation dans les rues étroites (donc ombragées) ou les rues "canyon" bien ventilées en période de canicule.

Parisiens-jardiniers

  • augmenter les moyens humais dus services des espaces verts pour accroitre les capacité de végétalisation et d'entretien des espaces verts ;
  • encourager les initiatives citoyennes ;
  • formations dau jardinage des citoyens.

Une placette oasis par quartier

  • aménager des lieux de socialisation et de fraicheur ;
  • équipées de mobilier urbain rafraichissant ;
  • désimperméabilisées et végétalisées autant que possible.

Protéger, développer et choisir notre patrimoine végétal

  • renforcer la protection des arbres parisiens et la végétation existante ;
  • désimperméabiliser et végétaliser les espaces entre les arbres pour créer de véritables "bandes vertes" ;
  • diversifier les espèces plantées pour retenir celles qui s'adaptent aux changements climatiques ;
  • gérer les eaux pluviales à la parcelle pour permettre l'infiltration.

Un "bing-bang" de la rénovation thermique du bâti

  • prendre en compte dans les normes le confort d'été et les solutions low-tech alternatives à la climatisation ;
  • mettre en place des décisions partagées par toutes les parties prenantes des projets (ABF, Commission du vieu paris, associations, etc.) d'actions d'adaptation cohérentes et esthétiques par typologie de bâti.

Adapter le travail

  • réduire le nombre de chantiers pendant l'été ;
  • inscrire le risque canicule dans le code du travail, obligeant la mise en place de plans canicule dans les entreprises.

Un air qui circule, une ville qui respire

  • préserver les couloirs d'air existants et en planifier de nouveaux ;
  • prévenir les pics de pollution en instaurant des restrictions de circulation pendant les périodes de canicules avec gratuité des transports en commun ;
  • instaurer une hauteur minimum sous plafond de de 2,7 m et la création de logements traversants.

Des toits ressources et un ciel accessible au plus grand nombre

  • favoriser la création de toits-terrasses collectifs permettant l'installation de collecteurs d'eau, de végétation ou de sources d'énergie renouvelable ;
  • quand ce n'est pas possible, à minima peindre le toit avec un revêtement clair (toit terrasse) ou isoler les combles par l'intérieur ;
  • organiser un "rooftop festival" comme à Rotterdam ou Marseille.

Un droit à la fraîcheur

  • prendre en compte dans la qualification d'insalubrité la température intérieure trop élevée ;
  • interdire les rejets de climatisation de magasins dans les cours d'immeuble ;
  • développer des espaces refuge ;
  • créer plus de programmations culturelles nocturnes.

Baignade autorisée

  • augmenter le nombre de lieux de baignades pendant l'été ;
  • expérimenter la baignade dans la partie souterraine du canal Saint Martin.

"De l'eau, de l'ombre, de l'air"

  • ombrager les grandes places et avenues avec de la végétation, des pergolas et ombrières ;
  • installer des fontaines mécaniques et des miroirs d'eau.

Un plan "Grand Chaud"

  • organiser l'accès à des espaces refuges ;
  • diffuser l'information auprès de la population ;
  • organiser la continuité des services publics essentiels.

Prioriser l'essentiel en période de pénurie(s)

  • donner la priorité de l'utilisation des ressources aux besoins élémentaires de la population ;
  • prioriser l'usage du réseau d'eau non potable pour l'arrosage de la végétation.

Créer un "réflexe adaptation" partagé

  • former pour créer une culture commune ;
  • organiser le RETEX après chaque été.

Coopérer pour faire baisser la température à l'échelle du territoire

  • réseaux de froid ;
  • corridors de biodiversité ;
  • stratégies ZAN.

Financer l'adaptation

  • utiliser la commande publique comme levier pour accélérer l'adaptation en mettant des clauses dans les cahiers des charges ;
  • amplifier les investissements des mandatures dans l'adaptation ;
  • prioriser les investissements sur la rénovation des bâtiments, la désimperméabilisation et végétélisation, la résilience des réseaux.