[RAPPORT] Action climatique et santé : une même urgence, des bénéfices partagés

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Rapport
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2025
Auteur·ices : Lucie Adélaïde, Kévin Jean et Micheline Pham
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Créé en 2016, le think tank « Santé mondiale 2030 » réunit des expert·es de la santé mondiale et cette note s’appuie sur les réflexions du groupe de travail Santé-Environnement-Climat, qui souligne que le changement climatique est déjà une urgence sanitaire majeure, aggravée par l’insuffisance des réductions d’émissions depuis l’Accord de Paris. Le groupe met en avant que les politiques climatiques, notamment dans l’énergie, les transports, l’alimentation et le logement, peuvent générer d’importants co-bénéfices immédiats pour la santé, réduire les inégalités sociales et renforcer l’adhésion des populations à la transition.

Le rapport présente le changement climatique comme une menace déjà bien réelle pour la santé humaine, aux effets multiples et interdépendants. Il décrit comment l’augmentation des températures, la fréquence accrue des événements climatiques extrêmes, la dégradation des écosystèmes et la pollution de l’air affectent directement la santé des populations, fragilisent les systèmes de soins et accentuent les inégalités sociales et territoriales de santé.

Les expert·es soulignent que, face à l’ampleur de ces impacts, les seules stratégies d’adaptation montrent rapidement leurs limites. Le rapport insiste sur le fait que, malgré les engagements internationaux, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas suffisamment diminué, rendant indispensable une accélération des politiques de réduction des émissions pour prévenir une aggravation des risques sanitaires dans les décennies à venir.

Le rapport met en avant les politiques d’atténuation comme un levier majeur pour la santé publique. Les expert·es expliquent que les transformations engagées dans des secteurs clés — énergie, transports, alimentation, agriculture et logement — peuvent générer des co-bénéfices sanitaires importants, souvent locaux et rapides, en agissant sur des déterminants fondamentaux de la santé tels que la qualité de l’air, l’activité physique, l’alimentation ou les conditions de vie.

Il détaille l’ampleur de ces co-bénéfices selon les secteurs d’intervention. Les expert·es montrent que la sortie des énergies fossiles améliore significativement la qualité de l’air et réduit la mortalité prématurée, que le développement de la mobilité active et des transports collectifs favorise la santé cardiovasculaire et mentale, que des régimes alimentaires moins carnés et plus végétaux réduisent à la fois les maladies chroniques et les émissions, et que la rénovation thermique des logements contribue à diminuer la précarité énergétique et les pathologies respiratoires. Le rapport souligne toutefois que tous les scénarios de neutralité carbone n’offrent pas les mêmes bénéfices pour la santé.

Enfin, le rapport explique que les co-bénéfices en santé constituent un argument central pour accélérer l’action climatique. Les expert·es indiquent qu’ils sont souvent indépendants de la coopération internationale, visibles à court terme et particulièrement efficaces pour mobiliser les citoyens, les décideurs et les acteurs économiques. Ils représentent également, selon le rapport, une opportunité majeure pour réduire les inégalités sociales de santé, à condition que les politiques mises en œuvre ciblent en priorité les populations les plus vulnérables.