[ARTICLE] Architecture et biodiversité : l’histoire d’une symbiose

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2023
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Au-delà de la biodiversité, la quête d’une harmonie avec la nature

Il y a déjà de nombreuses années que nous avons incorporé dans notre approche la nécessité de réexaminer les liens entre l'environnement naturel et les créations de l'homme. La préservation de la biodiversité, un enjeu fondamental pour lequel nous persistons à développer de nouvelles solutions en collaboration avec divers partenaires, constitue un aspect clé de la philosophie que nous préconisons.

Éviter et réduire notre impact avant de vouloir le compenser : l’exemple des pilotis

Alors que la préservation de la biodiversité est aujourd’hui un défi bien assimilé par les consciences, le mantra actuel de l'urbanisme pourrait être résumé par la séquence « ERC » : Éviter, Réduire, Compenser. Cependant, si la compensation par le biais de la plantation d'arbres ou de la création de zones vertes est essentielle, elle ne devrait intervenir qu'en dernier recours. La première étape doit toujours être l'évitement. C'est particulièrement crucial dans les zones encore faiblement urbanisées où la biodiversité est la plus riche et la plus fragile. 

Dans ce contexte, notre mission était claire : développer l'attrait touristique sans sacrifier le patrimoine naturel unique du site. Nous y avons répondu en concevant un aménagement touristique frugal, adaptable et respectueux de son environnement. Les aménagements sont notamment tous conçus sur pilotis. Une vingtaine de tentes suspendues se greffent à ce dispositif aérien. 

De l’environnement au bâtiment, penser la continuité du vivant

Si l’évitement est incontournable – et le modèle du ZAN souligne d’abord la nécessité de limiter les emprises bâties –, il est également crucial de ne pas penser que la biodiversité doit s’arrêter où le bâtiment commence. En matière de trame verte, la frontière entre le bâti et la biodiversité n'est pas une limite infranchissable. En réalité, il est non seulement possible, mais essentiel de les fusionner.

Dans le macro-lot A4E que nous avons conçu pour le projet Rives de Seine à Boulogne-Billancourt, le paysage, support de biodiversité, joue un rôle fédérateur pour tous les usagers. Au cœur de l’îlot se trouve un équipement public, l’école des Sciences et de la Biodiversité. L'école, plus basse que les autres bâtiments, assume un rôle de poumon vert et se conçoit comme un paysage ouvert. Les toits des bâtiments sont recouverts de végétation, et les cours de récréation se développement comme des terrasses et jardins, évoquant un paysage montagneux de rizières. L’école est complétée par un gymnase, dissimulé sous un manteau de verdure qui renforce l’effet « oasis » en plein cœur urbain.

 « Faire monter le sol », une solution pour concilier densité/hauteur et biodiversité

La nécessité de préserver la biodiversité s’applique également aux bâtiments les plus hauts. Le rapport entre la hauteur et le sol est un sujet de plus en plus prégnant dans l'architecture contemporaine, avec l’idée qu’il faut densifier pour préserver davantage de terres naturelles. Néanmoins, l’intérêt d’un IGH pour la biodiversité ne doit pas se limiter à l’emprise qu’il permet de ne pas occuper. Plusieurs de nos projets prouvent au contraire qu’il est possible d’estomper la frontière entre la terre ferme et le bâti.

L’îlot que nous avons conçu dans le cadre du projet Archipel 2, à Strasbourg, illustre bien la possibilité de « faire monter le sol » et d’élever la trame verte bien au-delà de la terre ferme.
Ce projet urbain, piloté par la ville, entend faire de ce quartier un pôle d’affaires, incluant aussi des équipements publics (théâtre, complexe sportif) et un grand parc urbain. La deuxième phase du projet met l’accent sur le développement des espaces verts, et inclut un grand parc. La ville cherchait à raviver le rôle de lieu de loisirs et de promenade du quartier tout en luttant contre le réchauffement climatique et en préservant la biodiversité.