| Programme |
Programme
Prototypes de muret paysager, d'opus incertum de murs en béton de réemploi.
Dallage extérieur en béton de réemploi |
| Année de livraison |
Année de livraison
2025
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| Type d'intervention |
Type d'intervention
Renouvellement urbain
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| Type d'usage |
Type d'usage
Aménagement urbain mixte
Espace public
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| Adresse |
Adresse
6 avenue Georges Sand |
Caractéristiques
Le Clos Saint-Lazare est le quartier le plus grand, le plus dense et donc le plus peuplé de la ville de Stains en Seine-Saint-Denis avec plus de 7000 habitants pour 26 hectares. Il sort de terre entre 1966 et 1970, grand ensemble de plus de 2000 logements sous la direction de Clément Tambuté. Pensé pour prolonger la cité-jardin de Stains à l’est, il se construit sur des terrains maraîchers et devait se déployer plus à l’ouest sur ce qui constitue aujourd’hui le cœur agricole et paysager de la ZAC des Tartres.
Suite à une réhabilitation des bâtiments dans les années 80, un premier projet de renouvellement urbain voit le jour dans les années 2000 pour désenclaver le quartier. Sont ainsi démoli des logements (compensés hors site) pour créer de nouvelles voies. Les nouveaux espaces extérieurs sont aménagés et les équipements du quartier restructurés. Dans sa continuité, le NPNRU lance en 2017 un deuxième projet ayant pour but de poursuivre les aménagement extérieurs, de permettre le développement de l'activité économique et de transformer la partie sud du quartier en démolissant trois tours. Cette fois-ci les logements sont reconstruits sur site, portant à 500 le nombre de logements déconstruits et reconstruits pour ces deux projets.
En parallèle à partir de 2017, Plaine Commune lance son projet Métabolisme Urbain (MU). A la suite de la signature du Contrat de développement territorial qui prévoit un renouvellement urbain de 30 à 40% du territoire, une étude de métabolisme territoriale est initiée en 2015. MU poursuit ce travail en visant l'identification et la mise en oeuvre de dispositifs permettants la soutenabilité de son aménagement via l'économie circulaire : mine urbain, plateformes, filières locales et outils numériques. Prolongée avec MU2 depuis 2023 cette démarche aboutit à des objectifs ambitieux et obligatoires en terme de réemploi et de valorisation des déchets, et à la mise en place d'outils opérationnels : clausier, book et REXs.
Dans le cadre du Clos Saint-Lazare l'ambition porte sur un aménagement sobre des espaces extérieurs. Les démolitions vont donc permettre dans un premier temps l'expérimentation du réemploi de béton, puis dans un second temps son intégration dans un chantier d'aménagement extérieur.
La Fabrique du Clos, 2018-2023
Bellastock en tant qu'AMO et maître d'oeuvre en économie circulaire et réemploi suit plusieurs démolitions du projet de renouvellement urbain, et propose la mise en place d'un équipement de chantier expérimental : la Fabrique du Clos. Installée sur l'emplacement vacant de la tour T11, elle mêle lieu de stockage et de préparation de la matière collectée, lieu de convivialité et de vie de quartier, espace de formation avec des entreprises d'insertion, de sensibilisation avec les acteurs associatifs locaux, et site d'expérimentation de prototypes pour les futurs espaces du quartier.
La mission d'AMO auprès de l'Unité Territoriale de Renouvellement Urbain consiste à environner les aspects logistiques et techniques du réemploi dans le projet du Clos Saint-Lazare : organisation des flux, dimensionnement de la filière et de la recyclerie, prescription de produits de réemploi dans les fiches de préconisation. Celle de MOE pour Seine-Saint-Denis Habitat se déploie plus précisément sur le prototypage : pièces techniques pour la récupération du béton, pour la réalisation des prototypes, mise en place des chantiers, et suivi de leur validation technique voire de leur certification. Puisque l'objectif est dès l'origine la réplicabilité de ces expérimentations pour "inscrire ces composants d’ouvrage dans les futurs cahiers des charges des prescriptions urbaines et architecturales".
Les prototypes sont au nombre de cinq et sont issus de campagnes de collectes différentes au fil des démolitions :
- Un premier dallage de sol en opus incertum sur lit de sable avec les joints enherbés, réalisé à partir des gravats de la tour T11 laissés à disposition. Carossable, il nécessite peu de moyens techniques pour sa mise en oeuvre.
- Des murets de soutènement ou paysagers non-scellés constitué de pierres de béton provenant également de la démolition de la tour T11.
- Deux autres versions de murets paysagers, scellés cette fois ci par béton autoplaçant et utilisant les gravats de la tour T6. Pour l'un le coffrage est mise en place sur trois faces après les pierres de béton, pour l'autre c'est l'inverse mais avec piquetage postérieur des faces.
- Un deuxième dallage de sol en opus incertum, lui aussi scellé et mis en oeuvre en exploitant les morceaux de plus grande taille de la tour T6. La laitance apparue après scellement est poncée.
- Et enfin un local extérieur réalisé à partir des murs de refends en béton issues de la démolition partielle du bâtiment C4. D'une épaisseur d'environ 14cm, ils sont utilisés comme mur porteurs d'un seul bloc ou par empilement de lamelles.
Ils enrichissent le programme de recherche et expertise sur le réemploi en construction REPAR piloté par Bellastock, et réalisé en partenariat avec l'ADEME et le CSTB. Le premier volet (2012-2014) était consacré à l'amont de la filière : la collecte de matériaux avec le cas d'étude de la déconstruction sélective des entrepôts Printemps et Actlab. Le deuxième (2014-2018) environne lui l'aval et le projet d'architecture comme débouché. Sur le sujet du béton d'autres retours d'expériences de diagnostics (ZACs de Bobigny et de Montjoie), de démolition (Bureaux à Montrouge) et de construction (Déchetterie du Havre) sont mobilisés mais les prototypes fondent une grande partie du contenu de REPAR #2. Ainsi on retrouve :
- un arbre de décision sur le réemploi du béton,
- une nomenclature entre réemploi, réutilisation et recyclage du béton,
- des fiches techniques analysées par BTP consultants pour les opus incertum en pose sèche ou scellée, les murs monobloc ou en lamelles, et les murets en pierres de béton maçonnées,
- deux référentiels techniques réalisés par le CSTB pour le réemploi de béton en murs et en revêtement de sol,
- et une analyse économique pour le réemploi en pavage et en mur du béton.
De même ces prototypes nourissent les fiches produits sur les éléments en béton du ReUse Toolkit produit dans le cadre du programme de recherche européen FCRBE : Facilitating the Circulation of Reclaimed Building Elements. On y retrouve les gravats de béton, les dalles et les murs.
Allée des Postes, 2024-2025
A la suite des expérimentations de Bellastock, et pour satisfaire l'ambition initiale d'utiliser les matériaux de déconstruction pour l'aménagement des espaces publics, le choix est fait de mettre en oeuvre un opus incertum de béton. Ce sera pour la nouvelle allée des Postes qui mène au parc des Tartres. Une convention de coopération publique-publique a donc été établie entre Seine Saint Denis Habitat, MOA sur la démolition de la tour T6, et Plaine Commune, MOA des aménagements urbains. Elle précise les objectifs de ce chantier-test à plus grande échelle, environne le transfert de propriété des éléments béton, et définit les modalités d'équilibre financier.
C'est cette fois Cycles de ville qui accompagne les deux MOA en tant qu'AMO pour la démolition de la tour T6 et en MOE réemploi pour le pavage de l'allée des Postes. Néanmoins certains éléments sur le tuilage des prestations entrainent quelques complications : les protocole proposés par Bellastock sont repris sans adaptation pour un béton au final un peu différent, la traduction dans les documents de chantier n'est pas idéale et la contractualisation ne permet pas de les réinterroger. Au final le protocole de découpe et de récupération des blocs de béton, validé auparavant, est invalidé cette fois-ci par le SPS par rapport à la dangerosité de l'activité au sein d'une démolition. L'alternative validée est la récupération des gravats mis à terre, que la chute d'étage trop élevés rend impropre à l'utilisation : mélange, taille. Une récupération efficace n'est possible qu'à partir du R+3, diminuant grandement la taille du gisement exploitable.
Plus positif : le conditionnement en palette, le stockage et le reconditionnement ont pu avoir lieu sur l'emprise du chantier de démolition. À proximité immédiate du lieu de remise en oeuvre, cela a permis de réduire la manutention et les déplacements - donc l'impact carbone - et de faciliter la préparation. Sur ce dernier point, un marché spécifique a été lancé. Le béton étant poreux, sa mise en oeuvre au sol nécessite des traitements pour protéger les aciers de la corrosion et donc garantir sa pérenité. C'est Bégo réemploi qui s'est positionné avec ARES, pour hydrofuger la sous-face et les côtés, passiver et recouvrir les aciers apparents (certains blocs trop ferraillés ayant déjà été écartés). Le traitement de la dernière face se fait après la pose, une fois les moellons en place.
Ce sont au final 125m2 de dallages qui sont réalisés à partir des cloisons séparatives intérieures de la tour T6 au lieu des 275 prévus. Le prototype réalisé comportait une bande centrale cimentée pour permettre l'accessibilité PMR, ainsi que des bandes latérales à joint enherbé pour une transition progressive avec la végétalisation environnante. Avec la réduction de la quantité de béton de réemployé la conception de l'allée s'est adapté à ce changement de deux manières : en supprimant les bandes enherbées, et en alternant progressivement béton neuf et opus incertum de réemploi.
Du point de vue financier, si un REX est en élaboration pour rendre compte aux bailleur et à l'ANRU sur les coûts évités et engendrés, quelques éléments sot déjà disponibles. Le coût total de 36500€ pour le réemploi des gravats est à mettre en perspective avec le coût du neuf. Ce repère a d'ailleurs été la limite haute du défraiement par Plaine Commune - après soustraction des aides perçues - des surcoûts engendrés par la démolition sélective, la mise à disposition des éléments en béton, et le nouveau stockage à SSDH.
- Date de livraisonseptembre 2025
Entreprises :
Bégo réemploi : Préparation des blocs et finitions,
Société Nouvelle de Travaux Publics et Particuliers (SNTPP) : Pose de l'opus incertum.
