Pépithèque Mariama Bâ

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©️Ekopolis
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Programme
Programme
Restructuration d'un ancien immeuble de bureaux en pépinière d'entreprises et bibliothèque
Année de livraison
Année de livraison
2025
Type d'intervention
Type d'intervention
Extension
Réhabilitation
Type d'usage
Type d'usage
Équipement - Socio-culturel
Tertiaire - Bureaux
Surface
Surface
1 920 m² SU
Montant des travaux
Montant des travaux
5 900 000 € HT
Adresse
Adresse

28 avenue Henri Varagnat
93140 Bondy
France

Caractéristiques

MOA publique / collectivités
BET/AMO/Conseil
BET/AMO/Conseil
Autres acteurs :

Architecte :                                    Paysagiste :                                Bureau de contrôle / CSPS :                                OPC :
Béal et Blanckaert                              Alter                                                    BTP Consultants / Acor Etudes                                  PIL-ING

Entreprises :
CBC service (Clos et couvert, structure, finitions intérieurs, VRD), BETTA (Plomberie CVC), PORTELEC (Électricité photovoltaïque), MULTICLOS, (Signalétique extérieure), BCI (Mobilier spécifique), MAXIMUM (Mobilier upcyclé).

La pépithèque Mariama Bâ rassemble dans un même bâtiment une pépinière d'entreprises et une bibliothèque, souhaitant lié accès à la lecture / la culture et accès à la formation / l'emploi / l'accompagnement professionnel. Le programme répond aux besoins du territoire : les bibliothèques de Bondy et des Pavillons-sous-Bois sont situés au sud du canal de l'Ourcq et de la N3, celles d'Aulnay-sous-Bois à 2km au nord près du RER B et la plus proche se trouve à l'ouest au delà de l'autoroute A3. Côté entreprises, ce sont la part importante de petites structures, la difficulté d'accès à des locaux adaptés et la difficulté des débuts d'activité qui sont ciblés à travers un accompagnement renforcé sur 4 ans, la mise à disposition de bureaux, d'un espace de coworking, de salles de réunions et de permanences pour l'accompagnement.

Le projet, porté par Est-Ensemble, s'intègre plus largement dans une opération de renouvellement urbain du quartier de la Noue-Caillet de Bondy engagée par les acteurs publics et les bailleurs sociaux. Celle-ci doit se terminer en 2034 après avoir intégré de nouvelles activités économiques et culturelles, dédensifié et désenclavé le sud du quartier, réhabilité les logements conservés, réaménagé et végétales les espaces publics. La livraison de la pépithèque en est une première étape et elle a bénéficié d'investissement de l'ANRU, de l'État à travers le Fonds vert, la DRAC et la DSIL, de la Région Île-de-France et de la Métropole du Grand Paris.

C'est dans d'anciens bureaux de la MGEN (Mutuelle générale de l'Éducation nationale), construit en 1989, que ce programme s'installe. Plot carré de 2 niveaux, d'environ 35 mètre de côté, il présente une structure poteau - poutres en béton et des façades en encorbellement à l'étage dont le dessin du bardage en aluminium est caractéristique des bâtiments de bureaux de cette époque. Le plot occupe le centre d'une parcelle en forme de q, la barre verticale étant occupée par un parking asphalté. C'est l'avenue Henri Varagnat, portion de la route historique reliant Bondy à Aulnay-sous-bois qui dessert la parcelle de l'autre côté. Une voie d'accès voiture au nord contourne le plot vers le parking, et les deux accès piétons existants sont conservés pour distinguer les entrées de la bibliothèque et de la pépinière. Le plot, non aligné sur la voirie, libère un espace végétalisé qui se prolonge devant la façade sud. Le bâtiment est ainsi isolé par la végétation, à la fois de l'avenue côté ouest et du parking du supermarché voisin côté sud.

L'intervention de Béal & Blanckaert laisse une grande place à l'existant, tout en réussissant à rendre vivant et domestique un bâtiment auparavant impersonnel. La première des deux interventions majeures est le percement d'un patio végétalisé au centre du bâtiment, renforcé partiellement par une structure de béton neuve. Il amène de la lumière naturelle au coeur du bâtiment, permettant d'orienter des pièces vers celui-ci. Il illumine également le hall d'accueil en double hauteur sur son côté nord avec une façade rideau en bois, venant compléter les puits de lumière existants. Une surélévation là où la structure le permettait constitue la deuxième intervention majeure. Structure bois, ventilation naturelle et double peau orientée sud enrichissent la volumétrie du bâtiment sur un côté qui se voit de loin. Le traitement des façades participent également à rendre le bâtiment plus accueillant et chaleureux : le bardage aluminium est déposé, laissant place à une ITE laine de bois enduite ; le bois est utilisé pour les menuiseries, en sous-face de l'encorbellement et en structure rapportée des brises-soleil photovoltaïques. Quelques touches de couleurs viennent souligner l'ensemble, en extérieur comme en intérieur. Au sein du bâtiment, de nombreux éléments sont conservés : revêtement de sols, de murs, de plafonds, et les interventions ponctuelles (percements ou remplissages) comme les éléments architecturaux (structure existante, réseaux) sont laissés apparents avec des bulles explicatives. Il en résulte une grande variété de texture, formes et couleurs qui se retrouve dans le mobilier (neuf, réemployé et upcyclé) et la collection de livres pour des espaces vivants.

Au niveau du programme, sa répartition s'opère par niveaux. Le rez-de-chaussée est dédiée à la bibliothèque, organisée en différentes salles de lecture. Celles qui prennent places autour du patio sont aussi distributives. Le premier étage est lui dédié à la pépinière : une circulation centrale dessert les bureaux donnant sur l'extérieur ou sur le patio, et les salles de réunion et de coworking s'implantent autour du hall d'accueil partagé, la circulation surplombant celui-ci. Enfin, la surélévation proposée au concours par les architectes accueille un espace détente et restauration.

Quant au parking, il fait l'objet d'une désimperméabilisation d'ampleur : l'asphalte laisse place aux gravillons de la toiture. Toute la surface du parking n'est pas concernée, le nombre de places étant réduit. Le reste de son ancienne emprise accueille de nouveaux usages : abris à vélos, assises et décroutages ponctuels du bitume pour laisser passer la végétation. Le sol de la parcelle étant pollué, des ganivelles limite l'accès à ces différentes zones végétalisées.

Périmètre du projet
  • S.U. (Surface Utile)
    1 920 m²
Calendrier
  • Démarrage Etude
    2020
  • Démarrage travaux
    2024
  • Date de livraison
    fin 2025

Focus sur l'économie circulaire au sein du projet

Le projet de la pépithèque fait une grande place à l'économie circulaire. D'abord par le maintien d'une majeure partie du bâtiment existant, non seulement sa structure mais également différents éléments de partition et de revêtements. 

Au-delà de cette préservation du bâti, la restructuration fait également appel au réemploi et à la réutilisation in situ :
- le béton des dalles sciées pour laisser place au patio est réutilisé en extérieur en assises et pour les appuis des roues des places de stationnement.
- les granulats en toiture sont réutilisés dans les espaces extérieurs en place du bitume,
- certaines tôles des façades sont réemployées en bardage sur les différentes faces du patio,
- des dalles de faux-plafond sont réutilisés comme revêtements acoustiques sur certains murs,
- les chassis vitrés de l'ancienne façades sont réemployés au sein des bureaux comme parties du cloisonnement modulaire,
- et se retrouvent aussi en double peau du jardin d'hiver, permettant de s'affranchir des performances thermiques.

D'autres éléments déposés dans le bâtiment ont eux été réemployés autre part : cabines d'accueil, isolant de la toiture, sanitaires et huisseries ; tandis que le projet fait appel au réemploi rapporté : moquette, jardinières, arceaux vélo, sanitaires, partie des luminaires et mobilier. Sur ce dernier lot, une partie est même issue de l'upcycling de bobine de parachute, de toiles de parachute ou encore de bois de coffrage.

Enfin l'économie circulaire s'applique également à l'eau : une cuve de récupération des eaux de pluies a été installée et alimente les sanitaires du bâtiment.

Si le bilan en masse, et en quantité de carbone évitée du réemploi n'est pas encore finalisé, celui-ci a constitué un critère important lors de la sélection des architectes, du bureau de contrôle et des entreprises intervenant sur le projet. De nombreux éléments ont été proposés en base réemploi avec variante en neuf, et certains acteurs ont même proposé d'autres pistes de réemploi : sur le lot CVC notamment.