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Chantier bas carbone : 2 retours d’expérience pour vos projets d’aménagement

Soumis par julia.malinverno le ven 24/04/2020 - 16:01
Présentation

Impact environnemental des projets d’aménagement

Changement climatique, épuisement des ressources, dégradation des écosystèmes ou encore nuisances aux riverains sont autant d’enjeux pour un chantier plus durable. Sur la seule phase du chantier de projets d’aménagement, les principaux foyers sont : 

  • Emission de gaz à effet de serre
  • Consommation d’énergie
  • Economie de ressources naturelles
  • Diminutions des nuisances sonores

Il existe plusieurs leviers pour réduire l’impact carbone et plus généralement environnemental de son chantier. Une première initiative francilienne a retenu notre attention. 

#1 L’exemple de l’Opération du BAC à Clichy-la-Garenne


Ekopolis remercie  Baptiste Larcher et Maud Clément de Citallios pour leur apport d’information, ainsi que Natacha Monnet de l’ ADEME IDF

 

1. Résumé du projet

L’opération du bac de Clichy-la-Garenne est une opération d’aménagement urbain d’envergure puisqu’il recouvre un cinquième du territoire communal. Cette opération de requalification vient combler un déficit d’équipements et inverser une situation d’enclavement du territoire. 

2. Programme, acteurs et contrat

chevron Programme : 

  • Éradication de l’habitat indigne et insalubre (RHI) et construction d’une offre résidentielle diversifiée (accession libre et locatif social), soit 900 nouveaux logements.
  • Développement de l’activité économique en diversifiant l’offre immobilière : bureaux (62 000 m²), locaux d’activités et de services (38 000 m²), commerces (7 000 m²).
  • Réaménagement des espaces publics, création d’un parc urbain (5 ha) livré en septembre 2010 et réorganisation du maillage viaire pour améliorer l’accessibilité des équipements publics.
  • Réalisation d’équipements publics à vocation éducative (scolaire et petite enfance), sportive, culturelle et de loisirs pour soutenir le développement social et culturel des habitants.


chevron Acteurs : 

  • MOA : Syndicat mixte de Clichy la Garenne, Département des Hauts de Seine, Commune de Clichy la Garenne / Citallios
  • Urbaniste : Frédéric Bonnet, OBRAS Architectes

chevron Contrat : 

Une concession d’aménagement est confiée à Citallios par le syndicat mixte du Bac d’Asnières (département des Hauts-de-Seine et ville de Clichy-la-Garenne) en 2002, renouvelée avec la ville de Clichy-la-Garenne en 2016.

3. Un téléphérique pour l’évacuation de déchets de chantier par voie fluviale

Le choix de la mise en place d’un téléphérique pour atteindre la Seine
Le site du projet est enclavé, notamment par la présence d’une bute de 6 mètre au-dessus du niveau de la rue. Le projet visait à terrasser cette butte et la ramener au niveau de la rue. 

Afin de déblayer les terres excavées de ce terrassement, et pour faire face à un retard important et donc limiter le trafic de camions pendant la phase de démolition, la ville de Clichy-La-Garenne a souhaité trouver une alternative à ces nuisances. 

Deux options, chacune situées à 300 m du site, ont été étudiées : 

  • Évacuation par voie ferroviaire
  • Évacuation par voie fluviales via l’installation d’un téléphérique. 

La rencontre avec une spécialiste de la logistique urbaine a permis d’analyser les deux opportunités. Rapidement, l’évacuation par voie ferroviaire s’est avérée impossible en termes de planning, économiquement trop élevé et ne permettait pas de diminuer le bilan carbone. La maîtrise d’œuvre du terrassement, le groupe Egis a également contribué à cette réflexion en s’assurant que la solution retenue serait compatible avec les volumes et les catégories de terres à évacuer. 

Le site à terrasser se trouve à environ 300 m de la Seine. Entre les deux, de nombreux propriétaires fonciers occupent l’espace à survoler par l’implantation d’un téléphérique. 
Un appel à projet est lancé et est remporté par Space Environnement pour la mise en œuvre de cette option. 

La mise en place d’un téléphérique repose sur plusieurs intérêts : 

  • Longue portée
  • Permet de survoler différentes emprises foncière en limitant les nuisances
  • Solution très employée en milieu montagnard
  • Outil démontable et remontable

L’option est présentée à la ville qui accepte rapidement, reste à mettre en œuvre cette solution en milieu urbain. 

1km de câble - Profil © Citallios
1 km de câble - Profil © Citallios 

chevron Les difficultés à surmonter 

L’utilisation d’un téléphérique pour le transport de terres excavées est peu encadré par la réglementation. Il n’existe pas de réglementation pour le transport de matériaux par câble. Cela dit, une règle semble néanmoins se dégager : il est interdit de survoler de l’espace public principalement piétonnier. 

Le survol des nombreux propriétaires fonciers n’a globalement pas été un obstacle majeur entre autres parce qu’ils ont été associés à la communication de cette innovation. A noter cependant que les demandes d’autorisation représentent un travail conséquent et long. 

A la fin de l’été 2018, l’ensemble des garanties est obtenu et un marché est lancé en octobre de la même année. Un groupement réunissant démolition, désamiantage, terrassement et évacuation est attendu. La proposition devait également comporter une solution alternative. Vinci construction est retenu et devient prestataire mandataire. Mécamont Hydro est le prestataire en charge de l’exploitation, la maintenance et l’entretien du téléphérique. 

Dans le cadre de l’utilisation plus classique d’un téléphérique (notamment pour le transport de personnes ou de matériel) les cadences usuelles sont moindres que celles envisagées pour Clichy-la-Garenne. Au lancement du téléphérique il a donc été nécessaire de prendre du temps pour ajuster opérateurs et rythmes d’évacuation. 

L’étape durant laquelle les bennes se vident dans les barges sur le Seine est délicate. La configuration des lieux a nécessité la mise en place d’un toboggan. Conséquence de cet imprévu sur voie fluviale : un dossier loi sur l’eau était demandé. Réalisé en seulement 3 semaines, il n’a pas fait prendre de retard trop important. 

Enfin, le quai était partagé avec le SIAAP, l’un des propriétaires fonciers de la zone survolée. En plein chantier également, ses déchets de chantier transitaient par voie fluviale. Le téléphérique devait donc être démonté au plus tard en février 2020. 


chevron Le temps de l’évacuation : points forts et bilan

L’objectif était d’évacuer 1500 tonnes par jour, soit l’équivalent d’une barge, pendant 6 mois. L’évacuation de 1500 tonnes de terres par voie fluviales représente une économie de 40 camions soit 80 camions allers-retours par jour. Dans tous les cas, cet objectif ne permettait pas d’évacuer l’intégralité des terres du terrassement. 

Concernant la qualité et la pollution des terres, la moitié des terres était des terres inertes provenant de comblement de carrières. L’ensemble était constitué de terres de classe 1 à 3+, mais aussi de carrières de gypse. Les terres étaient principalement envoyées jusqu’en Normandie et un peu dans le Val d’Oise pour traitement. Ces centres de traitement plus éloignés que ceux existants en Ile-de-France ont été choisi car ils présentaient malgré tout un bilan carbone plus favorable qu’un site plus accessible par voie routière. 


Le bilan pour cette première initiative est globalement très satisfaisant : 

  • Évacuation de 1350  tonnes par jour pendant 7 mois. 
  • Aucun accident pendant toute l’exploitation
  • 500 rotations avec 2 bennes en circulation et 2 bennes en chargement ou déchargement
  • 70 777 tonnes évacuées par voie fluviale soit 42,5 % de l’objectif. Divers aléas n’ont pas permis d’atteindre les objectifs et l’allongement du délai global d’évacuation n’était pas possible. 
  • Le dispositif innovant du téléphérique a démontré sa fiabilité avec un coefficient d’efficience(rapport entre les résultats obtenus et les ressources utilisées pour atteindre ces résultats) de 76 % en phase d’exploitation.
  • 2500 camions évités
  • 6 tonnes de Co2 évitées chaque jour pendant la totalité des travaux d’évacuation des terres. 

Globalement un bilan positif que l’aménageur Citallios souhaiterait mettre en œuvre de nouveau. Certains aléas, expérimentés lors de cette première fois pourraient être évités et la solution davantage optimisée. 


#2 A venir : Quartier la Vallée à Chatenay-Malabry : utilisation du béton recyclé sur site. 

Acceptation des déblais et terres excavées. Version 2

Soumis par analie.montchamp le mer 21/11/2018 - 11:30

La gestion de près de 23 millions de mètres cubes de terres excavées produites par les chantiers de la Société du Grand Paris, soit au total plus de 45 millions de tonnes de déchets de chantiers, entraînera une augmentation de 10 à 20 % du tonnage de déchets du BTP sur la région.