Partager

Share icon

Appel à projets Travaux de dépollution pour la reconversion de friches polluées

Soumis par alexandra.etasse le lun 18/11/2019 - 09:41

Depuis 2010, l’ADEME contribue à limitation de l'artificialisation des sols par le soutien à la reconversion des friches polluées pour la création de logements, d’activité économique et d’équipements publics. Ces projets permettent de requalifier des secteurs délaissés et d'améliorer la qualité de sols dégradés, pour leur donner un nouvel usage.

Entre 2010 et 2019, ce sont ainsi près de 130 projets qui ont été lauréats des appels à projets "travaux de dépollution pour la reconversion des friches polluées".

Réflexe bois-biosourcés

Soumis par analie.montchamp le mar 29/10/2019 - 12:08

La Région relance en 2020 son appel à projet "Réflex Bois-biosourcés". 

La Région soutient les maîtres d’ouvrage publics et les agriculteurs faisant appel à un accompagnement spécifique pour l’intégration de matériaux bois et biosourcésdans leurs opérations.

Les Matériaux Biosourcés

Soumis par alexandra.etasse le mar 28/01/2020 - 17:39
Atelier méha - Mars 2019 © Juan Sepulveda Grazioli
Présentation

Contact Ekopolis :

> Sophie Pesquet 
Responsable de projets Bâtiments
sophie.pesquet@ekopolis.fr
01.48.32.40.80

Ekopolis remercie : François Bourgeois (DRIEA) et Virginie Gautier & Yves Hustache (Karibati) pour leurs relectures, commentaires et apports; Constance Maurier pour sa contribution à l'élaboration de ce dossier lors de son stage.

Découvrir tous les zooms thématiques


Sommaire :


#1  Préambule - les matériaux biosourcés

chevron   Contexte

Parmi les produits biosourcés, notre zoom thématique s’intéresse essentiellement aux matériaux et produits utilisés pour la construction.

 

Définitions / Les matériaux biosourcés

De façon générale, les produits biosourcés sont issus de la biomasse. Ils sont composés totalement ou partiellement de ressources d’origine végétale ou animale. C’est la norme NF EN 16575 qui en 2014 établi cette définition de produits. Cependant cette norme ne précise pas de pourcentage minimum de matière d’origine végétale ou animale pour qu’un produit soit qualifié de « biosourcé ».

Aussi, un label privé « produit biosourcé » a été mis en place en 2017 par l’entreprise Karibati. Il n'est pas réglementaire mais il permet à un producteur de matériaux de préciser et valoriser la quantité minimale de matière biosourcée dans son matériau.  

Pour aller plus loin : www.produitbiosource.fr

Les matériaux biosourcés sont produits à partir de ressources renouvelables, mobilisant les secteurs suivants :

  • La sylviculture : laine de bois, bois d’œuvre…
  • L’agriculture : chanvre, paille, miscanthus…
  • Le recyclage : coton recyclé, ouate de cellulose …

Dans la construction, leurs applications sont multiples. On peut citer :

  • La structure : en bois, en botte de paille…
  • Les isolants : laine de mouton, bois ou chanvre, paille, ouate de cellulose, coton recyclé…
  • Les enduits, mortiers et bétons : béton de chanvre…
  • D’autres matériaux de revêtement et d’aménagement intérieurs ou extérieurs : matériaux composites, éléments acoustiques, peintures, cloisonnement, revêtements de murs et sol.

 

Principaux intérêts / Pourquoi s’intéresser aux matériaux biosourcés ?

Les matériaux biosourcés présentent de multiples intérêts, au premier rang leur qualité intrinsèque qui les rendent propices à leurs usages dans les bâtiments (habités ou non). Ils participent au confort, à la qualité de l’air et des ambiances des bâtiments dans lesquels ils sont employés.

En particulier au travers de :

  • L’absorption acoustique ;
  • La régulation hygrothermique ;
  • L’inertie et le confort thermique d’été et d’hiver ;
  • Les couleurs et les textures des revêtements en contact avec les usagers.

 

Leur impact environnemental est vertueux :

Une matière première renouvelable :
Utiliser des matériaux biosourcés dans la construction permet de valoriser des ressources renouvelables. 

De plus cela permet de limiter l'emploi de matériaux fabriqués à partir de métaux et combustibles fossiles et des ressources minérales soumises à forte tension (sable, ciment …)

Un bilan carbone intéressant tout au long du cycle de vie :
Véritable « puits de carbone », ils peuvent contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre aux différents stades du cycle de vie d’une opération :

  • Leur culture : suivant la variété et le type de culture, les apports d’origine fossiles sont limités (carburants des engins,  amendement des sols…) ;
  • Leur transformation : souvent peu transformés ces matériaux sont moins dépendants des énergies et des matières d’origine fossile ;
  • Leur approvisionnement : chaque région possède ses ressources de matière biosourcées, ce qui réduit les trajets d’approvisionnement ;
  • Leur mise en œuvre : ils permettent un stockage de carbone pendant toute leur durée de vie ;
  • Leur fin de vie : biodégradables, ils participent à une meilleure gestion des déchets dans le secteur du bâtiment.

La valorisation d'un co-produit : 
Actuellement les bioressources utilisées pour le bâtiment sont généralement des co-produits issus de cultures existantes (notamment pour les besoins alimentaires). 

 

Ils présentent un impact territorial positif :

  • Chaque région française possède ses propres ressources, adaptées au climat et au sol de chacun des territoires.
  • Ils permettent de ce fait de développer des filières économiques locales : dynamisation des territoires, création d’emplois locaux, valoriser des savoir-faire locaux.
  • Ils contribuent à diversifier et augmenter les revenus des agriculteurs.
  • Ils facilitent également les circuits courts. La coopération avec la création de liens entre les acteurs locaux (producteurs, transformateurs, concepteurs, applicateurs) est facilitée par un nombre d'intermédiaire réduit et des responsabilités identifiées.

Ils sont (à de rares exceptions près) agréables à manier et présentent des dangers limités pour l’Homme lors des différentes étapes de transformation et de mise en œuvre.  

 

Limites et précautions / à quoi faut-il faire attention ?

Comme tout matériau, les matériaux biosourcés présentent aussi des limites dans leurs usages et il est important de tenir compte de certaines précautions. Et plus spécialement : 

  • L'eau : comme bien d’autres matériaux, ceux-ci sont, pour la plupart, sensibles à l’eau. Ils doivent donc être protégés (récolte, stockage, mise en œuvre) et conservés dans de bonnes conditions pour qu'ils ne se dégradent pas et gardent toute leur aptitude.
    NOTA : la sensibilité à l'eau des matériaux biosourcés ne doit pas être confondue avec leur capacité à gérer, de manière pertinente, la régulation hygrothermique une fois mis en œuvre.
  • La surface nécessaire à leur culture doit être maîtrisée. En effet, le développement de ces filières pour la construction doit rester complémentaire et non concurrentiel avec les différents besoins et débouchés : cultures vivrières, production d’énergie, industrie textile…
  • Ne pas chercher à dupliquer les mêmes filières sur tout le territoire. La production agricole notamment, la valorisation puis les débouchés doivent être adaptés à chaque territoire (climat, contexte économique...).
  • Paradoxalement, même si ces matériaux ont fait leurs preuves depuis plusieurs centaines voire milliers d’années, le cadre normatif et réglementaire actuel ne couvre pas encore l’ensemble des usages possibles dans le bâtiment, ce qui impose régulièrement des tests expérimentaux au cas par cas afin d'être couvert par une assurance.

 

chevron   Contexte réglementaire et emplois dans les marchés de travaux 

Marché public

En 2016, la Direction générale des entreprises a produit une étude économique sur le « recensement des produits biosourcés disponibles sur le marché et identification des marchés publics cibles ».
Ce document propose également des stratégies possibles pour cibler les produits biosourcés dans les achats publics parmi lesquels figurent le secteur de la construction (p.79/144)

Lire l'étude


    #2   Le chanvre

    chevron   La plante

    Récolte de la plante et transformation

    La récolte se fait à maturité de la plante, de deux façons :

    • Par une culture non battue : la paille seule est récoltée fin août  (coupée en morceaux ou non) ;
    • Par une culture battue : la graine et la paille sont récoltées simultanément fin septembre.

    C’est le débouché souhaité qui va conditionner le processus de récolte puis celui de la transformation.
    Plusieurs produits sont valorisables :

    • Les fibres dans l'écorce de la tige ;
    • La chènevotte, centre de la tige ;
    • Le chènevis, graine de la plante et les poudres et poussières.

    Pour valoriser l’ensemble de la plante, un processus de transformation est nécessaire. Il est réalisé dans une unité de défibrage, appelée également une chanvrière. Après séchage, le défibrage est réalisé pour séparer les différents éléments de la plante.

     

    Intérêt agronomique

    La culture du chanvre présente les avantages suivants :

    • Il ne nécessite pas de produits phytosanitaires ;
    • Il ne nécessite pas d’irrigation du sol ;
    • Il est très résistant aux parasites et laisse ainsi des sols propres ;
    • Il est facile à cultiver ;
    • Les racines restructurent en profondeur le sol ;
    • Le chanvre contribue à la phytorémédiation des sols.

    Il est cependant important de prendre en compte la rotation des cultures. Ainsi le chanvre peut être cultivé sur un même emplacement tous les 5 ans environ.

     

    Les usages de la plante

    Le secteur de la construction utilise deux co-produits de la plante, la fibre et la chenevotte. Il n'y a pas aujourd'hui de risque de concurrence avec les autres usages possibles de cette même plante.


    On trouve de nombreux usages au chanvre selon les différentes parties de la plante :

    • La fibre, peignée, pré-filée et filée est utilisée :
      • Dans la construction : laines isolantes
      • Autres usages : textile, papier, cordage, plasturgie (renfort)
    • La chènevotte, broyée est utilisée :
      • Dans la construction : en vrac, pour l'élaborations des mortiers et bétons, bloc de bétons dit "de chanvre"
      • Autres usages : litière, terreau, plasturgie (charge)
    • Le chènevis est utilisée :
      • Non valorisé dans la construction 
      • Autres usages : alimentation, cosmétique (riche en Oméga 3) 

     

    chevron   Le chanvre dans la construction

    Intérêts

    Au-delà des intérêts de stockage carbone et de développement territorial, ses propriétés sont multiples pour assurer le confort dans un bâtiment. Elles dépendent des produits et de leurs mises en oeuvre mais de façon générale, elles se distinguent par : 

    • Bonne performances thermiques ;
    • Son inertie thermique ;
    • Bonne performances acoustiques ; 
    • Sa régulation de l'hygrométrie.

    et en plus les bétons de chanvre disposent d’une inertie permettant un bon déphasage thermique (10 à 12h) : 

    • Le déphasage thermique est la capacité d’un matériau ou d’une paroi à retarder les transferts de chaleur d’un côté à l’autre. 

    • L’inertie quant à elle est la capacité du matériau à stocker de la chaleur, puis à la restituer progressivement lorsque la température de l’air environnant diminue par rapport à celle de la surface du matériau. 

    • Une forte inertie permet donc d’améliorer le déphasage, mais aussi de maintenir la température d’un bâtiment une fois celui-ci chauffé en hiver par exemple. L’inertie dépend de la densité des matériaux (plus un matériau sera lourd et compact plus son inertie thermique sera importante) mais aussi de sa capacité thermique massique. Ces caractéristiques permettent d’assurer un confort à l’intérieur des bâtiments été comme hiver. De ce point de vue, les bétons de chanvre sont très bien placés.

     

    Applications

    Les bétons et mortiers
    Le béton de chanvre est constitué en grande partie de la chènevotte, associée à un liant minéral à base de chaux aérienne, de chaux hydraulique, de terre ou de ciment naturel prompt. Intrinsèquement léger par la structure de la chènevotte, il peut être allégé davantage avec d’autres matériaux (pouzzolane…).

    Il est projeté (à la truelle ou à la machine), ou déversé entre des banches ou sur une surface horizontale. Il existe aussi des blocs de béton ou brique de chanvre.

    Sa performance thermique (λ = 0,06 à 0,15 W/m.K) dépend du dosage du mélange, à titre d’exemple :  avec résistance thermique R = épaisseur / λ

    • Isolation de toiture : pour e = 40cm et λ = 0,06 W/m.K, R≃ 6,66 m2K/W        
    • Doublage mur : pour e = 40cm et λ = 0,09 W/m.K,  R≃ 4,44 m2K/W   
    • Isolation sol : pour e = 20cm et λ = 0,1 W/m.K, R ≃ 2 m2K/W      
    • Enduits : pour e =  5 cm et λ = 0,15 W/m.K, R ≃ 0,33 m2K/W         

    La laine de chanvre
    La laine de chanvre est présente sous forme de panneaux de fibres et parfois sous forme de rouleaux.
    Elle est utilisée pour l’isolation des rampants ainsi que des planchers, des murs et des cloisons.

    Sa performance thermique (λ = 0,038  à 0,042 W/m.K) dépend de la fabrication du rouleau et de sa densité.

    • Isolation fibre pour e=20cm et λ = 0,04 W/m.K, R ≃ 5 m2K/W

    L’isolation en vrac
    Elle est issue de la chènevotte  et/ou des fibres et se présente en vrac (sacs de différents volumes).
    Elle est déversée avec une machine à soufflage (ou à insufflation) ou à la main.

    Elle est utilisée pour l’isolation des rampants, isolation des planchers, murs et cloisons.

    Sa performance thermique (λ ≃ 0,048  W/m.K) dépend de la densité de la chènevotte.

    • Isolation chènevotte : pour e = 20cm et λ = 0,048 W/m.K, R ≃ 4 m2K/W

     

    Contexte normatif et assurantiel

    béton et mortier de chanvre

    Depuis 2012, des règles professionnelles d'exécution d'ouvrages en béton et mortier de chanvre permettent de définir les caractéristiques et les règles de mise en œuvre dans quatre applications :

    • Murs (béton coulé en place, pas les murs en blocs de béton de chanvre) ;
    • Enduits ; 
    • Formes de sols ;
    • Isolation de toiture.

    Les règles de mise en œuvre s’appuient sur une définition des performances des mortiers et bétons de chanvre. Il appartient aux fabricants de liants de granulat chanvre de garantir :

    • La compatibilité entre le liant et le granulat
    • Les mélanges qui sont effectués pour obtenir des performances seuils attendues (tests dits « en conditions standards »).

    Les règles professionnelles ont été rédigées par Construire en Chanvre et ont été validées par la Commission prévention produits mis en œuvre (C2P) de l'Agence Qualité Construction (AQC).

    Au-delà du respect des règles professionnelles, la mise en œuvre du béton de chanvre doit être faite en adéquation avec la zone dans laquelle se situe l’ouvrage, la saison, l’exposition au vent. La connaissance des enduits à base de chaux, des conditions de mise en œuvre et de leur composition doit être au préalable approfondie afin de trouver un bon compromis dans le mélange chaux chanvre afin d’éviter les désordres. Enfin, il est également indispensable de prendre en compte le support.

     

    isolant

    Il existe un avis technique pour un panneau isolant chanvre/coton/lin

     

    Focus sur la formation

    Les règles professionnelles régissent également la qualification du savoir-faire, indispensable pour qu’une entreprise puisse être assurée.  « … tout entrepreneur doit, s’il désire mettre en œuvre du béton de chanvre, contacter son assureur afin de lui apporter la preuve de l’existence du savoir-faire et de la maîtrise du produit au sein de son entreprise. S’il n’a aucune expérience du matériau, il devra suivre (ou faire suivre à un ou plusieurs de ses salariés) une formation conforme aux règles professionnelles ». 

    A l’issue d’une formation agrémentée par l’association Construire en Chanvre, une attestation numérotée et nominative est remise au stagiaire pour son assureur.

    Exemple formation sur quatre jours dans le Parc du Gâtinais français

     

      chevron   Quelques opérations remarquables en Île-de-France

      Dans le cadre du Sommet international de la construction biosourcée, organisé par la Région Île-de-France (5-6-7 novembre 2019), Ekopolis a organisé 2 parcours de visites le jeudi 7 novembre.
      Retrouvez le programme des visites autour du parcours paille et du parcours chanvre.

      Programme de la journée de visite

       

      Plus d'opérations sur le site d'Ekopolis :

      Béton/enduit de chanvre

      Cloisons en chanvre

      Isolant chanvre


      #3   La paille

      chevron   La plante

      En France en général, et en Île-de-France en particulier, parler de la paille dans la construction, c’est parler essentiellement de la paille de blé, puisque c’est la céréale la plus cultivée pour les besoins métropolitains et pour l’exportation. D’autres pailles de céréales tel que l’orge, le riz, le triticale ou le seigle sont utilisées selon leur région de production (toitures en chaume par exemple). Sauf indication contraire, le terme paille utilisé dans ce document, fait référence à la paille de blé.

       

      Récolte de la plante et transformation

      La paille est issue de la culture des céréales. Simultanément à la récolte du blé vers juillet, la paille est généralement pressée dans le champ sous forme de ballot.

      Du fait de la mécanisation, les ballots ont des formats relativement homogènes. Les formats ont évolué en même temps que l’accès à des outils de manutention mécanisés.
      Ainsi on peut citer 3 types de ballots de paille :

      • petites bottes : 37 x 47 et de  50 à 120 cm de longueur (manutention possible à la main par une seule personne), densité variable de 60 à 120 kg.m3
      • grandes bottes : 80 x 120 x 120 à 230 cm, densité ≃ 150 kg/m3
      • rouleau

      Le bloc est maintenu en forme et en compression par des liens. Il n’y a pas besoin de transformation particulière du ballot pour son usage dans la construction.
      Cependant pour satisfaire les besoins spécifiques de la construction, un 4ème type de ballot de dimension plus réduite commence à apparaître.

      Il n'existe pas d’organisme spécialisé dans le stockage des bottes pour la construction. Ce qui pourrait représenter un intérêt pour les concepteurs et les artisans en particulier en zone urbaine. Les ballots de paille doivent être protégés des intempéries, ils sont actuellement laissés dans les champs (regroupés et recouverts ou emballés individuellement pour les rouleaux) ou stockés dans des hangars agricoles.

       

      Intérêt agronomique

      Il paraît important de distinguer 2 sources d’approvisionnement à disposition des acteurs de la construction :  

      • La culture conventionnelle du blé nécessitant l’usage d’intrants chimiques et mobilisant de grandes surfaces libres facilitant la mécanisation. Elle représente la majorité des cultures de céréale en France. Le blé est fortement soumis aux cours internationaux et aux niveaux de subventions européennes.  
      • La culture biologique et/ou en agroforesterie du blé et d'autres céréales s’inscrivant dans un mode de développement agricole plus soutenable.

      Les cultures pour ces cultures sont en tout cas liés aux aléas climatiques.

      Les usages de la plante

      On produit le blé pour son usage alimentaire essentiellement. La paille qui est un co-produit sert principalement au paillage des litières animales et à l’amendement des sols. Elle est plus occasionnellement utilisée comme combustible pour le chauffage.

      A l'échelle nationale, le développement de son utilisation dans la construction ne vient pas concurrencer ces usages au vu de la quantité de ressources disponibles actuellement.

       

      chevron   La paille dans la construction

      Intérêt

      Au-delà des intérêts de stockage carbone et de développement territorial, ses propriétés sont multiples pour assurer le confort dans un bâtiment :

      • Sa performance thermique ;
      • Sa performance acoustique ;
      • Sa régulation de l'hygrométrie.

      Parmi les matériaux biosourcés, une des caractéristiques importante de la paille (selon le type de ballot) est sa résistance à la compression ce qui lui permet d’être utilisé en murs porteurs.

       

      Les applications

      La paille dans la construction est utilisée sous forme de bottes ou en vrac.
      Les bottes peuvent être redimensionnées sur le chantier.

      La performance thermique de la paille dépend surtout de sa densité : λ = 0,032-0,028 W/m.K pour les petites bottes et jusqu’à λ = 0,01 W/m.K pour les grandes bottes.

      Paille en remplissage d’ossature porteuse
      Format de botte : petite bottes
      La résistance thermique d’un isolant en m2K/W dépend de l’épaisseur de l’isolant donc du sens dans lequel la botte est posée.
      Mise en œuvre : mur avec contre lattage ou technique GREB (remplissage double ossature légère), isolation de plancher.

      Paille en caisson
      Format de botte : petite bottes
      Mise en œuvre : Parois préfabriquées en atelier, remplissage de la paille en atelier ou sur chantier.
      Le caisson est souvent structurellement en bois, les nervures sont dimensionnées selon les dimensions des bottes. Il est refermé par un parement (bois, plaque de plâtre) ou un enduit (terre, plâtre, chaux)
      Le caisson peut être rapporté sur une structure ou en remplissage d’une structure.

      Enduit paille
      Mélange terre-paille
      Format : Paille en vrac
      Mise en œuvre :

      • Torchis lourd : dominante de terre ;
      • Torchis allégé:  dominante de paille.

      La performance énergétique du torchis varie selon sa densité. 

      Paille porteuse
      La paille devient dans ce système isolant thermique et structure.
      Pour être porteuse la paille doit être comprimée.
      Format de botte : grande bottes principalement pour une structure porteuse et autostable.

      Les panneaux de paille compressée
      Le panneau de paille est rigide et compressé à chaud avec revêtement en carton.
      ll est utilisé pour des murs et des cloisons autoporteuses jusqu’à 3m50 et des planchers.
      La résistance thermique d’un panneau est : pour e =  5,8 cm et λ ≃  0,1 W/m.K, R ≃ 0,58 m2K/W
      Aujourd'hui, il n'y a pas plus de fabricant de panneaux de paille compressée en France.

       

      Contexte réglementaire et assurantiel

      Règles professionnelles : 

       

      Certains produits sont dotés d'un Avis Technique :

      • Le « bloc Isopaille » fabriqué par pression de la paille préalablement contrôlée.

       

      Focus sur la formation

      Il existe plusieurs type de formation.

      La formation « Pro-paille » est une formation reconnue qui permet de s’assurer de la connaissance de règles professionnelles. Elle permet donc de faciliter l’obtention d’une assurance.
      A destination des concepteurs (architectes et bureaux d’études) et des artisans, elle est dispensée en 5 jours et alterne des exercices pratiques et théoriques.
      Le référentiel de la formation a été mis en place par le RFCP. De nombreux organismes et associations en dispensent régulièrement.

      Retrouvez l’agenda des formations sur le site rfcp.fr et/ou sur ekopolis.fr

       

        chevron   Quelques opérations remarquables en Île-de-France

        Dans le cadre du Sommet international de la construction biosourcée, organisé par la Région Île-de-France (5-6-7 novembre 2019), Ekopolis a organisé 2 parcours de visites le jeudi 7 novembre.
        Retrouvez le programme des visites autour du parcours paille et du parcours chanvre.

        Programme de la journée de visite

         

        Plus d'opérations sur le site d'Ekopolis :

        Paille porteuse

        Isolation paille


        #4   Les acteurs

        Associations et collectifs oeuvrant pour la promotion de ces matériaux

        Remarque : cette liste n’a pas vocation à être exhaustive, ni de constituer un annuaire des nombreux acteurs professionnels qui agissent au quotidien pour mettre en œuvre des matériaux biosourcés sur leurs opérations : maîtrises d’ouvrage, maitrises d’œuvre, entreprises et fabricants. Certains de ces acteurs sont cités dans les retours d’expérience et opérations remarquables référencées sur ekopolis.fr.

         

        chevron   Les acteurs généralistes sur les matériaux biosourcés

         

        LOGO_AICB

        Association des Industriels de la Construction Biosourcée
        Elle représente les industries françaises produisant des matériaux de construction à partir de ressources renouvelables et locales (le bois, le chanvre, le lin, le papier ou encore le textile recyclé). Sa mission est de représenter ses membres auprès des pouvoirs publics et promouvoir la qualité des produits d’origines renouvelables proposés par ses membres. Elle ne couvre pas aujourd’hui l’ensemble des filières, par exemple la paille.

        Logo_CF2B

        Collectif des filières biosourcés du bâtiment
        L’association a pour objet la représentation, la promotion et la défense des filières de production, de transformation de matières premières (végétales et/ou animales). Elle travaille sur la formation, l’information, la réglementation et la recherche.

        Le comité de liaison des matériaux biosourcés
        Initié en 2019 par l’Ordre des architectes en Île-de-France, la Chambre d’agriculture, l’Union des industriels de la construction bois (UICB), l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB), Interchanvre, Construire en Chanvre, Accord paille, Collect’if paille et Francilbois. Sa mission est de sensibiliser et d’accompagner les pouvoirs publics et les acteurs de la construction dans l’utilisation des matériaux biosourcés.

        Retrouvez l'actualité du comité sur ekopolis.fr et architectes-idf.org

        Les ambassadeurs des matériaux biosourcés
        D’initiative nationale, les services de l’état souhaitent créer des réseaux d’ambassadeurs biosourcés dans chacune des régions françaises. En Île-de-France, la Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement (DRIEA) pilote ce dispositif. Elle a déjà formés plusieurs « ambassadeurs biosourcés » pour assurer un relais auprès des professionnels. Ekopolis est un des relais en Île-de-France. Plusieurs actions sont prévues sur le territoire, en particulier des rencontres ainsi que des sessions de formations destinées aux professionnels de la construction et de l’aménagement.

        Retrouvez l'actualité sur ekopolis.fr

         

        chevron   Les acteurs du chanvre

         

        Logo_Interchanvre

        Interchanvre
        Syndicat national représentant les producteurs et transformateurs de chanvre sur le plan national et quelques soient les débouchés : bâtiment, plasturgie, alimentation, animaux, cosmétique.

        Ses missions sont de :

        • Fédérer les acteurs de la filière ;
        • Assurer la représentation du secteur auprès des instances techniques, économiques et politiques pour défendre la filière et ses acteurs ;
        • Favoriser les actions de recherche scientifiques et techniques ;
        • Promouvoir les qualités environnementales du chanvre, de la filière et de ses marchés Dans le domaine de la construction, Interchanvre soutient l’association Construire en chanvre.

        Logo_Construire en chanvre

        Construire en chanvre
        Depuis plus de 20 ans, l'association sécurise l'acte de construire en chanvre et valorise les acteurs de la filière.

        Elle travaille à :

        • Faire évoluer la réglementation ;
        • La labellisation des granulats ;
        • Faire valider les couples liants/granulat par des laboratoires ;
        • La formation des applicateurs. 

        Développée sur 4 région, en Ile de France elle se présente sous le sigle CenC IdF

         

        Logo-3C

        Chanvriers en circuits-courts (3C)
        Association crée en 2009, elle a pour vocation de permettre le développement de micro-filières locales de production de chanvre fermier pour l’éco-construction en France. Elle regroupe des producteurs et utilisateurs de chanvre (artisans locaux) de différentes régions de France. Elle n’a pas de représentant francilien pour le moment.

         

        Les producteurs et transformateurs en Île-de-France
        Pour que la plante soit valorisée, il est nécessaire de s’appuyer sur un outil de transformation. De plus, pour maintenir un sol de qualité et conserver les bénéfices agronomiques de cette plante un agriculteur ne peut pas cultiver chaque année au même emplacement. Ainsi, une unité de transformation n’est pas viable à l’échelle d’une seule exploitation, elle nécessite d’être mutualisée. Afin de participer à l’élaboration d’une offre locale et apporter une visibilité, les agriculteurs ont tout intérêt à se regrouper. En plus de cultiver et transformer le chanvre, les agriculteurs qui se rassemblent participent également à sa promotion, sa distribution et à fédérer différents acteurs.

        Ainsi, en Île-de-France et ses départements limitrophes, on distingue :

        Logo-Planet chanvre

                Logo_gatichanvre

                  Logo_LaChanvriere

        Plus qu’une unité de transformation, ces plateformes favorisent le dynamisme économique et social du territoire. 

         

        chevron   Les acteurs de la paille

        Focus sur le RFCP
        En France, l’association Réseau français de la construction paille (RFCP) fédère les acteurs de la filière (principalement les concepteur et les artisans) et participe à son développement. Elle dispose de relais locaux. En Île-de-France, le Collect’if paille assure ce rôle.
        Le RFCP organise une à deux fois par an des rencontres nationales de la construction en paille dans des régions différentes.


         #5   Les ressources

        chevron  Sur les matériaux biosourcés de façon générale

        Ressources documentaires

        • PDF / Les filières franciliennes des matériaux et produits bio-sourcés / ARENE ile de France, 2014
        • PDF / Les enjeux de la valorisation de la biomasse non sylvicole en matériaux biosourcés / France Agrimer, 2016
        • PDF / Production, transformation et utilisation des matériaux biosourcés pour la construction : quelles actions de la Région Ile-de-France ? / Ceser, 2017
        • PDF / Recensement des produits biosourcés disponibles sur le marché et identification des marchés publics cibles / DGE/ADEME, (non daté)

        Sites internet

        • apasdevelours.fr / Recherche acoustique sur les matériaux biosourcés par « à pas de velours », programme de mesures comparées de planchers et plafonds acoustiques
        • Cerema / Approche conjointe acoustique et thermique pour l’optimisation des laines végétales du bâtiment
        • Association Ville et Aménagement Durable / « Santé et conforts dans les bâtiments : Maîtres d’ouvrage, les clés pour agir » 
        • VEGETAL-E / Portail de ressource spécialisé sur les matériaux biosourcés, d’initiative privée, porté par Biobuild Concept

        chevron  Sur le chanvre

        • PDF / Matériaux de construction à base de chanvre / Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement en Île-de-France, 2014
        • PDF / Chanvre: guide des bonnes pratiques Tome 1: Base pour construire en chanvre, Préconisations techniques, optimisations et performances / Construire en chanvre, 2015
        • PDF / Chanvre: guide des bonnes pratiques Tome 3: Béton et mortier de chanvre / Construire en chanvre, 2018
        • PDF / Étude des caractéristiques environnementales du chanvre par l’analyse de son cycle de vie / Ministère de l’agriculture et de la pêche, 2006
        • PDF / Le chanvre : carnet d'expérience habitat et auto-construction, Chaire IDIS / ESAD Reims, 2018
        • PDF / Le chanvre du Perche, guide de mise en œuvre / SCIC Sativa Pertica

        chevron   Sur la paille

        • PDF / La construction en pailles de céréales / Cd2e, 2017
        • PDF / Murs en bottes de paille porteuses / Ecocentre Pierre et Terre, 2016
        • PDF / Règles Professionnelles de la construction en paille / Remplissage isolant et support d'enduit / Règles CP 2012 révisées, RFCP / Editions du Moniteur 3e_me Edition, avril 2018

        États généraux de la forêt et du bois en Île-de-France

        Soumis par alexandra.etasse le mar 07/01/2020 - 10:41

        L’interprofession régionale Francîlbois organise les états généraux de la forêt et du bois en Île-de-France.

        La journée s’organise autour de la question : « La forêt et le bois vont-ils sauver la planète ? ».

        Le matin (de 10h30 à 13h), sont proposés des témoignages d’acteurs du bois, des présentations de projets.

        De 14h30 à 15h30, ont lieu des ateliers pour faire émerger les premiers éléments d’une charte construction bois-biosourcé.

        #AQCTVLIVE saison 2 !

        Soumis par alexandra.etasse le mer 01/01/2020 - 16:18

        Le vendredi 31 janvier à 12H, l’AQC TV LIVE revient pour une nouvelle saison avec deux thématiques ! L'une sur Les matériaux biosourcés, et celle que vous avez sélectionnée : La rénovation par étapes : objectif BBC

        Tous les deux mois, l’AQC vous propose un rendez-vous sur les réseaux sociaux : l’AQC TV Live, notre web émission. Ce direct de 30 minutes, animé par nos équipes et fort de la participation d’intervenants extérieurs, vous propose des thématiques qui font l’actualité du bâtiment et de l’AQC.

        BIOMOOC - Découvrir le bâtiment biosourcé

        Soumis par alexandra.etasse le mar 17/12/2019 - 15:15

        BIOMOOC « découvrir le bâtiment biosourcé » est un MOOC développé par Karibati et Ville & Aménagement Durable, deux acteurs fortement impliqués sur ce sujet. Ce cours en ligne gratuit et ouvert à tous doit permettre de découvrir la dynamique autour des matériaux biosourcés pour le bâtiment.

        La formation est découpée en 4 semaines. Chaque semaine, deux nouvelles séquences sont ouvertes afin de rythmer votre apprentissage.

        Logements sociaux - rue Montfort // Bdf BRONZE

        Soumis par alexandra.etasse le mer 13/11/2019 - 17:19

        Présentation du projet

        À Pantin (93), les bains douches de l’avenue Edouard Vaillant construit en 1924 ont cessé leur activité en 2004. Un besoin de place d’accueil pour la petite enfance d’une part, et le désir de redonner vie à ce bâtiment d’autre part, ont conduit la ville à y transférer la crèche parentale existante de 12 berceaux. Le programme, élaboré avec l’association Jolis mômes, a permis de loger 6 berceaux supplémentaires, une petite cuisine de production, des locaux logistiques, ainsi qu’un bureau médical.

        Visite de la Résidence du chanvre

        Soumis par alexandra.etasse le ven 08/11/2019 - 10:34

        Le CAUE77 poursuit son engagement de valorisation des constructions bioclimatiques faisant appel notamment au chanvre (filière Seine-et-Marnaise), et vous propose pour la 25e édition d'Archi Sur Site, de visiter et rencontrer la MOE et MOA d'une opération de logement social réalisée en ossature bois et matériaux biosourcés.

        2 défis ici réunis et relevés : Produire du logement social dans une commune de moins de 2000 habitants et réduire l'impact global de la construction en favorisant des process constructifs (ossature bois, panneau bois, matériaux biosourcés).

        7èmes Assises nationales de la construction en terre crue

        Soumis par analie.montchamp le mar 22/10/2019 - 15:06

        De quoi s'agit-il ?

        L'AsTerre organise régulièrement (environ tous les 2 ans) des assises qui permettent à ses adhérents d’avoir des moments d’échanges techniques et de se rencontrer. C’est aussi un moment où AsTerre se présente aux autres professionnels.

        Il y a eu depuis la création de l’AsTerre 6 évènements de ce type dans des lieux différents (Grenoble, Carantan, Toulouse, Strasbourg, Pont du Gard, Lyon) sur les thèmes suivants : construire en terre aujourd’hui, terre et réhabilitation, terre et transmission, terre et décoration, la terre avec, terre et formation...