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Ekopolis est un projet francilien porté par l’Union régionale des CAUE en partenariat avec les membres fondateurs: l’ADEME, l’ARENE, la DRIEE, la DRIEA et la Région.

Rendez-vous

 
  • Organisé par
    Appa (association pour la prévention de la pollution atmosphérique)
  • Type
    Conférence, débat, colloque
  • Publics visés
    Professionnels
  • Adresse
    ENS, "la grande salle"
    48 BD Jourdan
    Paris 75014
  • Date
    05 juillet 2011
  • Horaires
    18h00 - 20h00
  • Tarifs
    Entrée libre
  • Contact
    http://www.appa.asso.fr/nati...

Autres

Qualité de l’air intérieur, environnement et santé

05 juillet 2011

Mots-clés:

La question de l’air intérieur a émergé au début des années 90 et pris consistance en France au tournant des années 2000, renouvelant profondément la réflexion et les interrogations en matière de pollution atmosphérique et de qualité de l’air en général, jusque-là presque exclusivement tournée vers la problématique de l’air extérieur. Ce n’est pas un hasard si l’intérêt et la recherche concernant l’air intérieur se sont développés si tardivement. Ce champ d’investigation soulève en effet de délicates questions liées au contexte particulier propre à l’univers intérieur, que ce soit celui d’espaces accueillant du public (transport, lieux de loisirs, administration, école, caserne, hôpital, prison), du monde professionnel, bureau, atelier industriel ou artisanal ou encore commerce, ou de l’espace privé du logement, individuel ou collectif.

Ces espaces intérieurs, individualisés, plus ou moins clos, présentent un certain nombre de spécificités :
- la présence massive des êtres humains, qui y passent de 80 à 90 % de leur temps, jointes aux multiples activités qu’ils y déploient et sont susceptibles d’en modifier en permanence les caractéristiques.
- la multiplicité des composés susceptibles d’y interagir, qu’ils résultent du transfert de polluants extérieurs, des multiples sources intérieures potentielles (mobiliers, peintures, sols, produits ménagers, solvants, chauffage, insecticides, allergènes, etc…) ou de la présence anthropique et des activités humaines, induisant de nombreux effets très difficiles à cerner et à quantifier.
- la combinaison de dimensions à la fois subjectives et objectives, qui en font des lieux au ressenti spécifique, dont un révélateur extrême est le syndrome du bâtiment malsain.

Le logement est l’objet d’investissements subjectifs particulièrement marqués, mais cela est manifeste pour tous les espaces intérieurs, également soumis à de multiples codes plus ou moins explicites destinés à y réguler les comportements et les usages. Ces éléments rendent difficile la mise en œuvre, l’acceptation et l’appropriation à grande échelle d’une démarche objective en matière d’air intérieur, qui demande une très grande attention aux éléments normatifs et subjectifs propres à ces situations.

Ces difficultés dans le développement d’une approche objective, sensibles dans les réactions parfois exacerbées suscitées par certains résultats scientifiques, se doublent de celles concernant l’intervention dans un tel contexte. Celles-ci sont particulièrement évidentes en ce qui concerne l’action publique en termes d’indicateurs, d’indices de qualité de l’air intérieur par exemple, ou de normes dans le cadre d’espaces privés, tout en faisant ressortir la nécessité de faire bénéficier les individus et les groupes d’informations et de supports qui leur permettent de mieux se protéger et maîtriser des conditions potentiellement à risques dont ils n’ont parfois aucune connaissance ou conscience. Le jeu de ces difficultés et de ces contradictions plonge au cœur des complexités qui sont le propre de l’approche environnementale, dont elles permettent d’appréhender à la fois les dimensions incontournables et les limites qui lui sont inhérentes et donc d’en qualifier la spécificité.

Ce sont ces différents aspects que nous chercherons, parallèlement aux résultats des travaux récents en matière de qualité de l’air intérieur, à analyser et à approfondir, pour tenter d’esquisser leurs significations et leur prolongement épistémologique et d’en dégager les implications. Ces interrogations seront évoquées par :

  • Séverine Kirchner, chercheur en chimie de la  pollution, responsable du programme de  recherche « Usage, santé, confort » au CSTB, coordinatrice scientifique de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), à l’origine de travaux pionniers en France dans le domaine de l’air intérieur, en particulier la première grande enquête française sur le sujet en 2003-2005 (Kirchner et al., 2006)
  • Lionel Charles, chercheur en sciences sociales dans le domaine de l’environnement et en particulier de la qualité de l’air, attentif à la façon dont les problématiques de la qualité de l’air condensent toutes les spécificités du champ de l’environnement, paradigmatique du point de vue de la complexité.
 

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